Dépassement du terme de grossesse : définition, risques et prise en charge

Qu’est-ce qu’un dépassement de terme ?

On parle de dépassement de terme lorsque la grossesse se prolonge au-delà de 42 semaines d’aménorrhée (42 SA). Il s’agit donc d’une grossesse qui continue au-delà de la date théorique prévue pour l’accouchement, avec un allongement de la durée de gestation.

Cette situation nécessite une surveillance obstétricale rapprochée afin de s’assurer du bon état de santé du fœtus et d’organiser au mieux le déclenchement du travail si nécessaire.

Quels sont les facteurs favorisant le dépassement de terme ?

Plusieurs éléments peuvent augmenter la probabilité qu’une grossesse se prolonge au-delà de 42 SA :

  • Origine ethnique : le dépassement de terme semble plus fréquent dans certains groupes, notamment chez les femmes de race blanche.
  • Primiparité : première grossesse.
  • Antécédent de dépassement de terme lors d’une grossesse précédente.
  • Indice de masse corporelle (IMC) > 25 avant la grossesse (surpoids ou obésité).
  • Troubles de la contractilité utérine, pouvant rendre le début spontané du travail plus tardif.
  • Maturation cervicale incomplète (col de l’utérus peu favorable au déclenchement spontané du travail).
  • Hypothyroïdie maternelle.
  • Âge maternel : son rôle est discuté, les études étant contradictoires.

Comment pose-t-on le diagnostic de dépassement de terme ?

Le diagnostic ne repose pas uniquement sur la date supposée du terme. Il nécessite une évaluation clinique et échographique complète afin de vérifier le bien-être fœtal. Les principaux éléments étudiés sont :

  • Mouvements actifs fœtaux ressentis par la mère et appréciés à l’examen.
  • Rythme cardiaque fœtal (monitoring) : c’est un paramètre majeur de la surveillance.
  • Quantité de liquide amniotique, appréciée à l’échographie.
  • Score de Manning : c’est un score de bien-être fœtal qui prend en compte :
    • les mouvements actifs du fœtus,
    • le tonus fœtal,
    • les mouvements respiratoires fœtaux,
    • l’enregistrement du rythme cardiaque fœtal,
    • la quantité de liquide amniotique.
  • Doppler ombilical : étude des flux sanguins dans le cordon ombilical.

L’objectif est de s’assurer que le fœtus tolère bien la prolongation de la grossesse et de dépister précocement toute souffrance fœtale.

Conséquences maternelles du dépassement de terme

En dehors de l’inconfort lié à la prolongation de la grossesse, le dépassement de terme n’entraîne pas, en lui-même, de complication maternelle spécifique.
La surveillance accrue est essentiellement centrée sur le fœtus.

Risques fœtaux et pronostic

Du point de vue fœtal, plusieurs éléments sont à connaître :

  • Syndrome de post-maturité (rare) : aspect d’un nouveau-né « post-terme » avec peau sèche, diminution du tissu graisseux sous-cutané, parfois souffrance chronique in utero.
  • Macrosomie fœtale (fréquente) : poids de naissance élevé, augmentant le risque de complications lors de l’accouchement (dystocie des épaules, césarienne, traumatismes obstétricaux).
  • Augmentation progressive de la mortalité périnatale avec la durée du dépassement de terme, d’où l’importance d’une surveillance rapprochée et d’une prise de décision adaptée quant au moment et au mode d’accouchement.

Surveillance en cas de dépassement de terme

Une grossesse prolongée au-delà du terme nécessite un suivi rapproché et régulier. Ce suivi comprend le plus souvent :

  • Des consultations obstétricales rapprochées.
  • Des monitorings répétés pour contrôler le rythme cardiaque fœtal.
  • Des échographies pour surveiller la croissance, les mouvements, la quantité de liquide amniotique et le score de Manning.
  • Un éventuel doppler ombilical selon le contexte.

Cette surveillance permet de décider du moment opportun pour un déclenchement du travail ou une éventuelle césarienne.

Mode d’accouchement : quelle stratégie ?

À ce jour, il n’existe pas de recommandation unique et consensuelle sur la conduite à tenir en cas de dépassement de terme.
La stratégie est donc individualisée, en fonction :

  • de l’état clinique de la mère,
  • du bien-être fœtal,
  • de la présentation et de la taille estimée du fœtus,
  • de la « favorabilité » du col de l’utérus (score de Bishop),
  • des antécédents obstétricaux.

Selon le contexte, le choix se fait entre :

  • poursuivre la surveillance encore quelques jours,
  • déclencher le travail,
  • ou programmer une césarienne si des facteurs de risque importants sont présents.

Maturation du col et déclenchement du travail

Maturation cervicale à partir de 41 SA + 3 jours

En pratique, une maturation du col de l’utérus est généralement proposée à partir de 41 SA + 3 jours lorsque le col est encore fermé ou peu favorable.
Cette maturation se fait le plus souvent par l’application locale de prostaglandines (par exemple un dispositif vaginal de type Propess), qui ont pour but de ramollir et d’ouvrir progressivement le col afin de préparer le déclenchement du travail.

Déclenchement du travail

Lorsque le col est déjà ouvert et favorable, un déclenchement du travail peut être proposé d’emblée, sans étape préalable de maturation cervicale.
Le déclenchement peut se faire par différentes méthodes (perfusion d’ocytocine, rupture artificielle des membranes, etc.), choisies en fonction de la situation obstétricale.

En résumé

  • Le dépassement du terme correspond à une grossesse au-delà de 42 SA.
  • Certains facteurs (primiparité, antécédent de dépassement de terme, IMC élevé, troubles de la contractilité utérine, hypothyroïdie, etc.) augmentent le risque.
  • La surveillance fœtale est essentielle : mouvements fœtaux, rythme cardiaque, liquide amniotique, score de Manning, doppler ombilical.
  • Les risques sont principalement fœtaux : macrosomie, rare syndrome de post-maturité, hausse de la mortalité périnatale avec la prolongation.
  • Une maturation du col par prostaglandines est habituellement proposée vers 41 SA + 3 jours si le col est défavorable, et un déclenchement du travail est proposé lorsque les conditions sont réunies.
  • Le mode d’accouchement est décidé au cas par cas, en concertation avec l’équipe obstétricale.