Qu’est-ce que la délivrance ?
La délivrance correspond à l’expulsion du placenta et de ses membranes après la naissance du bébé. Elle constitue la troisième phase de l’accouchement.
Dans la grande majorité des cas, la délivrance survient spontanément dans les 30 minutes suivant la naissance. Une fois le placenta expulsé, l’utérus se rétracte et devient dur et bien contracté : on parle alors de « globe utérin de sécurité ».
Cette rétraction, associée à la contraction du muscle utérin (le myomètre), comprime les vaisseaux sanguins restés ouverts au niveau de l’ancienne zone d’insertion du placenta. C’est ce mécanisme qui assure l’hémostase physiologique, c’est-à-dire l’arrêt naturel du saignement.
Les conditions d’une délivrance normale
On considère qu’une délivrance est physiologique (normale) lorsque plusieurs critères sont réunis :
- Délivrance complète : à l’examen, le placenta et les membranes sont intacts, sans morceau manquant.
- Bonne rétraction utérine : l’utérus est bien contracté, ferme à la palpation.
- Utérus vide : il ne persiste ni fragments placentaires, ni caillots importants dans la cavité utérine, condition indispensable à une hémostase efficace.
- Coagulation sanguine normale : le système de coagulation maternel fonctionne correctement.
Une anomalie portant sur l’un ou plusieurs de ces éléments peut entraîner un saignement anormal après la naissance, appelé hémorragie de la délivrance.
Qu’est-ce que l’hémorragie de la délivrance ?
L’hémorragie de la délivrance (ou hémorragie du post-partum immédiat) est un saignement d’origine utérine survenant dans les 24 heures qui suivent l’accouchement, dont le volume dépasse 500 ml de sang.
Il s’agit d’une complication obstétricale qui nécessite une prise en charge rapide en salle de naissance afin de protéger la santé et la vie de la mère.
Les principales causes d’hémorragie de la délivrance
- Atonie utérine : l’utérus ne se contracte pas suffisamment après la naissance. Il reste « mou », ce qui empêche la compression correcte des vaisseaux utérins et favorise un saignement important.
- Rétention placentaire : il persiste des fragments de placenta ou de membranes dans la cavité utérine (délivrance incomplète), maintenant les vaisseaux ouverts et saignants.
- Troubles de la coagulation : certaines anomalies de la coagulation sanguine maternelle peuvent majorer ou entretenir l’hémorragie.
Les gestes préventifs pour limiter le risque d’hémorragie
Révision utérine
La révision utérine consiste à vérifier, par un geste réalisé par l’obstétricien ou la sage-femme, que la cavité utérine est bien vide. Elle est indiquée de façon systématique en cas de doute sur l’intégrité du placenta ou des membranes à l’examen après leur expulsion.
Ce contrôle permet de détecter et de retirer d’éventuels fragments placentaires ou caillots susceptibles d’entretenir un saignement.
Délivrance dirigée
La délivrance peut être « dirigée » par l’administration d’un médicament utéro-tonique (qui renforce les contractions utérines) au moment de la naissance du bébé ou immédiatement après.
Ce traitement aide l’utérus à se contracter efficacement, facilite l’expulsion du placenta et réduit le risque d’atony utérine et d’hémorragie de la délivrance.
À retenir
- La délivrance normale survient en général dans les 30 minutes qui suivent l’accouchement et s’accompagne d’une bonne rétraction de l’utérus.
- L’hémorragie de la délivrance est définie par une perte sanguine supérieure à 500 ml dans les 24 heures suivant la naissance.
- Les causes principales sont l’atonie utérine, la rétention placentaire et les troubles de la coagulation.
- La révision utérine et la délivrance dirigée par utéro-toniques sont des mesures importantes pour prévenir cette complication.
En salle de naissance, l’équipe obstétricale surveille systématiquement la délivrance et le volume des saignements afin de dépister et traiter précocement toute hémorragie du post-partum.

