Saignements après la ménopause : causes possibles et examens à réaliser

Pourquoi des saignements après la ménopause doivent-ils alerter ?

Après la ménopause, l’activité hormonale des ovaires s’arrête et les règles disparaissent définitivement.
Toute perte de sang par le vagin survenant après plus de 12 mois sans règles est donc anormale et doit conduire à consulter un gynécologue.

Dans la majorité des cas, ces métrorragies post-ménopausiques sont liées à des causes bénignes, mais il est essentiel d’éliminer une maladie plus grave, en particulier un cancer de l’utérus (endomètre) ou du col de l’utérus.

Principales causes de saignements après la ménopause

1. Saignements de la périménopause

Au début de la ménopause, dans la phase dite de périménopause, l’activité hormonale est encore irrégulière.
Des saignements génitaux sporadiques peuvent survenir, parfois plusieurs mois après ce que l’on pensait être les dernières règles.
Ils restent néanmoins à évaluer afin de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une autre cause.

2. Effets indésirables de certains médicaments

Certains traitements peuvent favoriser ou aggraver les saignements, notamment :

  • les anticoagulants (fluidifiants du sang),
  • certains anti-inflammatoires,
  • plus rarement d’autres médicaments agissant sur la coagulation ou les hormones.

Le médecin vérifiera systématiquement vos traitements en cours pour savoir s’ils peuvent expliquer tout ou partie des pertes de sang.

3. Atrophie de la muqueuse génitale après la ménopause

Avec la chute des œstrogènes, la muqueuse qui tapisse l’utérus (endomètre), le vagin et la vulve devient fine, fragile et moins bien vascularisée.
On parle d’atrophie endométriale ou vulvo-vaginale.

Dans ce contexte, de petits traumatismes (rapport sexuel, examen gynécologique, constipation…) peuvent provoquer des saignements légers, souvent associés à :

  • sécheresse vaginale,
  • gêne ou douleurs lors des rapports (dyspareunie),
  • brûlures ou démangeaisons vulvaires.

4. Polype de l’endomètre ou fibrome sous-muqueux

Les polypes de l’endomètre et les fibromes utérins sous-muqueux sont des excroissances bénignes à l’intérieur de la cavité utérine.
Ils sont très fréquents et constituent une cause classique de métrorragies après la ménopause.

Ces lésions entraînent souvent des saignements irréguliers, parfois abondants, ou des pertes brunâtres répétées.
Elles sont en général traitables par chirurgie mini-invasive.

5. Cancer de l’endomètre ou du col de l’utérus

Un cancer de l’endomètre (cancer de l’utérus) ou du col de l’utérus peut se révéler par des saignements même minimes après la ménopause.
C’est la raison pour laquelle toute perte de sang nécessite un avis spécialisé rapide.

Plus le diagnostic est posé tôt, plus les chances de traitement efficace sont importantes.
Il est donc capital de ne pas banaliser ces symptômes.

Quels examens pour explorer des saignements post-ménopausiques ?

Lors de la consultation, le gynécologue commence par un interrogatoire détaillé (ancienneté de la ménopause, caractéristiques des saignements, traitements en cours, antécédents…) puis un examen clinique.
En fonction du contexte, plusieurs examens complémentaires peuvent être proposés.

Frottis cervico-vaginal

Le frottis cervico-vaginal consiste à prélever quelques cellules au niveau du col de l’utérus afin de rechercher des anomalies précancéreuses ou cancéreuses.
Il permet de dépister précocement un cancer du col ou des lésions pouvant y conduire.

Échographie pelvienne et endovaginale

L’échographie pelvienne, le plus souvent couplée à une échographie endovaginale (par voie vaginale), est l’examen de première intention pour visualiser :

  • l’épaisseur et l’aspect de l’endomètre,
  • la présence éventuelle de polypes, fibromes ou masses ovariennes,
  • l’aspect général de l’utérus et des ovaires.

Elle peut être complétée par une hystérosonographie, qui consiste à injecter un peu de sérum physiologique dans la cavité utérine pendant l’échographie, afin de mieux visualiser l’intérieur de l’utérus et de repérer de petites lésions intracavitaires.

Hystéroscopie diagnostique

L’hystéroscopie diagnostique est un examen réalisé en introduisant une mini-caméra (hystéroscope) par le col de l’utérus pour examiner directement la cavité utérine.
Elle permet :

  • de confirmer la présence d’un polype ou d’un fibrome sous-muqueux,
  • de repérer des anomalies de l’endomètre,
  • de réaliser éventuellement des biopsies ciblées.

Quels traitements selon la cause ?

Polypes et fibromes sous-muqueux

Les polypes de l’endomètre et les fibromes sous-muqueux se traitent généralement par hystéroscopie opératoire.
Il s’agit d’une intervention chirurgicale réalisée par les voies naturelles (sans ouverture du ventre), le plus souvent au cours d’une courte hospitalisation.

La lésion est retirée à l’aide d’instruments introduits par l’hystéroscope, ce qui permet dans la majorité des cas de faire disparaître les saignements.

Cancer utérin ou du col

En cas de cancer de l’endomètre ou du col de l’utérus, un traitement médico-chirurgical spécifique est mis en place, adapté au type de cancer et à son stade :

  • chirurgie (hystérectomie, ablation de l’utérus, parfois associée à un curage ganglionnaire),
  • radiothérapie,
  • chimiothérapie ou hormonothérapie selon les cas.

Le parcours de soins est alors coordonné dans un centre spécialisé en oncologie gynécologique.

Atrophie vulvo-vaginale et autres causes bénignes

En cas d’atrophie vulvo-vaginale isolée, un traitement local à base d’œstrogènes (crèmes, ovules) ou de lubrifiants peut être proposé pour améliorer la qualité de la muqueuse, réduire les douleurs et limiter les petits saignements.
Les traitements médicamenteux favorisants (anticoagulants, par exemple) pourront être réévalués en lien avec le médecin prescripteur.

Quand consulter et que faire en pratique ?

Toute perte de sang, même minime, après la ménopause justifie une consultation rapide chez votre gynécologue ou votre médecin traitant.
Il ne faut pas attendre que les saignements se répètent ou s’intensifient.

En résumé :

  • les saignements après la ménopause ne sont jamais « normaux » ;
  • la majorité des causes sont bénignes (atrophie, polypes, fibromes) et se traitent bien ;
  • l’enjeu principal est de dépister ou d’exclure un cancer de l’endomètre ou du col de l’utérus ;
  • un avis spécialisé et des examens adaptés permettent de poser le diagnostic et de proposer un traitement approprié.

En cas de doute ou d’inquiétude, n’hésitez pas à en parler à votre gynécologue : un diagnostic précoce est toujours un atout pour votre santé.