Suivi après un cancer de l’utérus : col de l’utérus et endomètre

Une fois le traitement d’un cancer de l’utérus terminé (cancer du col de l’utérus ou cancer de l’endomètre), un suivi régulier est indispensable. Il permet :

  • de dépister précocement une éventuelle récidive de la tumeur ;
  • d’identifier et de traiter les complications possibles de la chirurgie, de la radiothérapie ou de la chimiothérapie ;
  • d’assurer un accompagnement psychologique dans la durée.

Complications possibles après un cancer du col de l’utérus

Complications hémorragiques et gynécologiques

  • Saignement post-opératoire simple.
  • Atrophie cervico-vaginale (muqueuse fine, sèche, fragile), pouvant entraîner :
    • sécheresse vaginale ;
    • rapports sexuels douloureux (dyspareunie) ;
    • petits saignements au contact.
  • Récidive tumorale au niveau du col ou du vagin.

Complications urinaires

  • Sensation de vidange incomplète de la vessie, brûlures en urinant (dysurie, brûlures mictionnelles).
  • Incontinence urinaire (pertes d’urine involontaires).
  • Sténose urétérale : rétrécissement de l’orifice de sortie des urines, pouvant entraîner des troubles de l’écoulement urinaire.
  • Fistule vésico-vaginale : communication anormale entre la vessie et le vagin, responsable de fuites d’urines par le vagin.

Complications digestives

  • Fistule recto-vaginale : passage anormal entre le rectum et le vagin, avec émissions de gaz ou de matières fécales par le vagin.

Complications thrombo-emboliques et lymphatiques

  • Accidents thrombo-emboliques (phlébite, embolie pulmonaire), surtout dans les suites immédiates de la chirurgie.
  • Lymphocèle : collection de lymphe (liquide lymphatique) dans le bassin après curage ganglionnaire.

Complications possibles après un cancer de l’endomètre

La principale complication à long terme reste la récidive du cancer de l’endomètre (cancer du corps de l’utérus). Par ailleurs, la ménopause (naturelle ou induite par les traitements) peut s’accompagner de bouffées de chaleur et d’autres symptômes climatériques.

Traitement hormonal substitutif (THS) : en cas de ménopause après cancer de l’endomètre, la prescription d’un THS n’est envisagée que si les symptômes sont très invalidants. Avant d’y recourir :

  • on évalue soigneusement le rapport bénéfice/risque ;
  • on vérifie notamment que la dernière mammographie est normale.

Rythme des consultations de surveillance

Après un cancer du col de l’utérus

Le suivi clinique est rapproché au début, puis s’espace progressivement :

  • tous les 3 mois pendant les 2 premières années ;
  • puis tous les 6 mois pendant les 3 années suivantes ;
  • puis une consultation annuelle à vie.

Après un cancer de l’endomètre

  • une consultation tous les 6 mois pendant 3 ans ;
  • puis une consultation annuelle à vie.

Entre deux consultations programmées, il est important de consulter rapidement en urgence si vous présentez l’un des signes suivants :

  • tout saignement vaginal anormal (même peu abondant) ;
  • douleurs pelviennes persistantes ou inhabituelles ;
  • palpation d’une boule au niveau d’un sein ou dans une aisselle.

Examens complémentaires de surveillance

Après un cancer du col de l’utérus

Selon la situation clinique, votre gynécologue peut proposer :

  • un frottis cervico-vaginal annuel ;
  • une colposcopie avec biopsie dirigée en cas d’anomalie ;
  • un bilan uro-dynamique en cas de troubles urinaires ;
  • une cystoscopie (exploration de la vessie) si besoin ;
  • une imagerie pelvienne (échographie, IRM) pour compléter l’examen clinique.

Après un cancer de l’endomètre

Le suivi peut inclure :

  • un frottis annuel si le col est conservé, ou un examen du dôme vaginal après hystérectomie ;
  • un scanner thoraco-abdomino-pelvien en cas de doute clinique ou selon les recommandations de votre équipe oncologique.

Accompagnement à long terme

Au-delà de la surveillance médicale stricte, le suivi après un cancer de l’utérus est aussi l’occasion :

  • de faire le point régulièrement sur votre état général, votre poids, votre tension artérielle, vos habitudes de vie ;
  • d’aborder les questions de sexualité, de fertilité, de contraception ou de désir de grossesse si elles se posent ;
  • de proposer, si nécessaire, une prise en charge psychologique ou un soutien par des associations de patientes.

N’hésitez pas à évoquer avec votre gynécologue toutes vos questions et vos inquiétudes. Le suivi est personnalisé : il tient compte du type de cancer (col ou endomètre), du stade initial, des traitements reçus et de votre état de santé global.