Qu’est-ce qu’une IRM ?
L’IRM, pour Imagerie par Résonance Magnétique, est un examen d’imagerie médicale qui utilise un champ magnétique et des ondes radio pour obtenir des images très précises des organes, sans rayons X.
En gynécologie, elle permet de visualiser avec finesse l’utérus, le col, les ovaires, le vagin, le rectum et les tissus du bassin.
Place de l’IRM en gynécologie
L’IRM occupe aujourd’hui une place essentielle dans l’exploration des pathologies gynécologiques. Elle complète l’examen clinique et l’échographie, et apporte des informations détaillées sur l’anatomie pelvienne, l’extension des lésions et les rapports avec les organes voisins.
Dans de nombreuses situations, l’IRM permet :
- de préciser un diagnostic lorsque l’échographie est insuffisante,
- d’évaluer l’étendue d’une maladie avant un traitement,
- de guider le choix entre chirurgie, radiothérapie et traitements médicamenteux,
- de surveiller l’évolution d’une pathologie ou la réponse à un traitement.
IRM et cancers gynécologiques
Cancer du col de l’utérus
En cancérologie gynécologique, l’IRM est devenue un examen de référence pour le bilan pré-thérapeutique du cancer du col utérin.
Elle permet notamment :
- d’apprécier la taille exacte de la tumeur du col,
- d’évaluer l’extension aux tissus voisins (paramètres, vagin, paroi pelvienne),
- de rechercher une atteinte des ganglions pelviens,
- d’aider à choisir la stratégie de traitement (chirurgie, radiothérapie, chimioradiothérapie).
Cancer de l’endomètre
Pour le cancer de l’endomètre (cancer de la muqueuse tapissant l’intérieur de l’utérus), l’IRM est également un outil majeur. Elle permet de :
- mesurer la profondeur d’infiltration de la tumeur dans le muscle utérin (myomètre),
- rechercher une extension au col, aux ovaires ou au péritoine,
- évaluer les ganglions,
- préparer une chirurgie adaptée (hystérectomie, curage ganglionnaire, etc.).
Cancer de l’ovaire : intérêt et limites
Dans les cancers de l’ovaire, l’IRM est généralement moins performante que pour les cancers du col ou de l’endomètre, notamment pour apprécier l’ensemble de la diffusion péritonéale (implants sur le péritoine, l’intestin, le diaphragme…).
Cependant, lorsqu’on la compare aux autres techniques d’imagerie, l’IRM reste, avec l’échographie pelvienne, l’un des examens les plus utiles pour :
- caractériser une masse annexielle (kyste fonctionnel, tumeur bénigne, tumeur suspecte),
- préciser la nature d’une lésion indéterminée à l’échographie,
- évaluer les rapports avec les organes de voisinage.
Elle s’intègre ainsi dans un bilan complet qui associe examen clinique, échographie, scanner et éventuellement marqueurs sanguins.
IRM, adénomyose et endométriose
Adénomyose
L’adénomyose correspond à la présence de tissu endométrial (tissu qui tapisse l’intérieur de l’utérus) au sein même du muscle utérin (myomètre). Cette pathologie peut être responsable de règles abondantes, douloureuses, et parfois d’infertilité.
L’IRM est particulièrement performante pour :
- visualiser l’épaississement et les anomalies de la paroi utérine,
- différencier adénomyose et fibrome utérin,
- apprécier l’étendue des lésions avant une éventuelle prise en charge chirurgicale ou médicale.
Endométriose
L’endométriose est caractérisée par la présence de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine (ovaires, ligaments utérins, rectum, vessie, etc.). Elle peut provoquer des douleurs pelviennes chroniques, des douleurs pendant les rapports (dyspareunie), des règles très douloureuses (dysménorrhée) et des problèmes de fertilité.
Dans ce contexte, l’IRM est très utile pour :
- cartographier précisément les lésions d’endométriose profonde,
- identifier les localisations ovariennes (endométriomes), rectales, vésicales ou ligamentaires,
- évaluer l’atteinte des tissus voisins (rectum, vagin, uretères…),
- aider à la planification d’une chirurgie de l’endométriose, souvent complexe et pluridisciplinaire.
En résumé
L’IRM pelvienne est un examen d’imagerie de haute précision, devenu indispensable en gynécologie, en particulier :
- dans le bilan des cancers gynécologiques (col utérin, endomètre) avant traitement,
- dans l’analyse des masses pelviennes et des tumeurs ovariennes,
- dans le diagnostic de l’adénomyose et de l’endométriose et la préparation de leur prise en charge.
L’IRM ne remplace pas l’examen clinique ni l’échographie, mais les complète en apportant des informations détaillées sur l’anatomie et l’extension des lésions. Votre gynécologue ou votre radiologue vous indiquera, selon votre situation, si une IRM est nécessaire et comment elle s’intègre dans votre parcours de soins.

