Qu’est-ce que la toxoplasmose ?
La toxoplasmose est une infection parasitaire généralement bénigne chez l’adulte en bonne santé.
Lorsqu’une femme enceinte n’est pas immunisée (sérologie toxoplasmose négative), elle peut contracter
l’infection pour la première fois pendant la grossesse : on parle alors de primo-infection.
C’est cette situation qui peut exposer le fœtus à un risque de toxoplasmose congénitale.
En France, environ une femme enceinte sur deux n’est pas immunisée en début de grossesse.
Pour ces patientes, la prévention repose surtout sur des mesures hygiéno-diététiques simples et sur une
surveillance sérologique régulière.
Pourquoi la toxoplasmose est-elle préoccupante pendant la grossesse ?
Lorsque la toxoplasmose est contractée pour la première fois pendant la grossesse, le parasite peut traverser
le placenta et infecter le fœtus. Selon le terme de la grossesse, cela peut entraîner :
- une fausse couche ou une interruption médicale de grossesse dans les formes graves;
- des atteintes neurologiques (atteinte du cerveau), oculaires (rétinochoroïdite) ou plus rarement
d’autres organes; - une infection silencieuse à la naissance, qui ne se révélera que plus tard par des troubles visuels
ou neurologiques.
La prévention est donc essentielle chez les femmes non immunisées pour réduire le risque de transmission
mère–enfant.
Comment savoir si l’on est immunisée contre la toxoplasmose ?
En début de grossesse, un bilan sanguin (sérologie toxoplasmose) est systématiquement proposé.
Trois situations sont possibles :
- Sérologie positive : la patiente est immunisée, elle a déjà été en contact avec le parasite
avant la grossesse ; le risque de nouvelle infection est extrêmement faible. - Sérologie négative : la patiente n’a jamais rencontré le parasite et n’est donc pas protégée.
Elle doit appliquer strictement les mesures de prévention et bénéficier d’une surveillance sérologique régulière. - Sérologie douteuse ou récente : des examens complémentaires (sérologie de contrôle,
dosage d’avidité des IgG, avis spécialisé) peuvent être nécessaires pour préciser la situation.
Mesures hygiéno-diététiques pour prévenir la toxoplasmose
En cas de sérologie négative, plusieurs règles simples permettent de diminuer fortement le risque de
primo-infection maternelle.
Cuisson de la viande
- Consommer la viande bien cuite : éviter la viande crue ou insuffisamment cuite
(tartares, carpaccios, steaks saignants, charcuteries non cuites, gibier peu cuit). - Veiller à une cuisson à cœur, en particulier pour la viande d’agneau, de porc et de bœuf.
Fruits, légumes et aliments crus
- Laver soigneusement tous les fruits et légumes, y compris ceux consommés épluchés
ou en salade. - Rincer abondamment sous l’eau potable, en frottant si possible, pour éliminer les particules de terre
pouvant contenir le parasite.
Hygiène des mains et de la cuisine
- Se laver les mains au savon avant de préparer le repas et après avoir manipulé
de la viande crue, des légumes souillés de terre ou du jardinage. - Nettoyer les plans de travail, les couteaux et les ustensiles après contact avec des aliments crus.
- Utiliser si possible des planches de découpe distinctes pour les aliments crus et cuits.
Contact avec les chats et la litière
Le chat est l’hôte définitif du parasite et peut excréter des oocystes dans ses selles.
Pour limiter le risque :
- Éviter au maximum le contact direct avec les chats inconnus ou vivant à l’extérieur.
- Ne pas manipuler soi-même la litière ; si cela est impossible, porter des gants et se laver les mains
soigneusement après. - Changer la litière très régulièrement, idéalement chaque jour, car les oocystes ne deviennent infectants
qu’après un certain délai dans le milieu extérieur. - Éviter de jardiner sans gants, surtout dans des sols susceptibles d’avoir été souillés par des excréments de chats.
Suivi sérologique pendant la grossesse
Chez les patientes à risque, c’est-à-dire non immunisées, une sérologie de dépistage mensuelle est
recommandée pendant toute la grossesse. Ce suivi régulier permet de :
- détecter précocement une éventuelle primo-infection toxoplasmique malgré le respect
des règles d’hygiène ; - mettre en place rapidement les examens complémentaires nécessaires (sérologie de contrôle, avis spécialisé,
éventuelle amniocentèse selon le terme et les recommandations en vigueur) ; - démarrer le plus tôt possible un traitement antibiotique préventif afin de limiter le risque
de toxoplasmose congénitale.
Traitement en cas de primo-infection maternelle
Lorsque la sérologie met en évidence une infection récente pendant la grossesse, une prise en charge
spécialisée est indispensable. Selon le terme et les résultats des examens :
- un traitement antibiotique maternel est instauré pour réduire la transmission au fœtus
et la sévérité des atteintes en cas d’infection fœtale ; - un suivi échographique rapproché est mis en place pour rechercher des signes d’atteinte fœtale ;
- une surveillance pédiatrique à la naissance et au long cours sera organisée en cas de suspicion ou de
confirmation de toxoplasmose congénitale.
À retenir
- Une sérologie toxoplasmose négative signifie que la femme enceinte n’est pas immunisée
et reste exposée au risque d’infection. - Des mesures hygiéno-diététiques simples (viande bien cuite, lavage rigoureux des fruits
et légumes, hygiène des mains, précautions avec les chats et la litière) permettent de réduire fortement ce risque. - Un dépistage sérologique mensuel chez les patientes non immunisées permet de détecter au plus tôt
une primo-infection et de débuter un traitement antibiotique préventif pour protéger le fœtus.
En cas de doute sur votre statut immunitaire ou sur les précautions à observer, n’hésitez pas à en parler
avec votre gynécologue ou votre médecin traitant qui adaptera le suivi à votre situation.

