Qu’est-ce que la contraception d’urgence ?
La contraception d’urgence, souvent appelée « pilule du lendemain », a pour objectif d’éviter une grossesse après un rapport sexuel à risque de fécondation : rupture ou oubli de préservatif, oubli de pilule, rapport non ou mal protégé, agression sexuelle, etc.
Il s’agit d’un recours exceptionnel, à utiliser le plus tôt possible après le rapport à risque. Elle ne remplace en aucun cas une méthode contraceptive régulière (pilule, stérilet, implant, préservatif…).
Les principaux moyens de contraception d’urgence
1. Norlevo : pilule progestative (lévonorgestrel)
Norlevo est une pilule de contraception d’urgence à base de lévonorgestrel, un progestatif de 3e génération. Elle ne contient pas d’œstrogènes.
- Mode de prise : un comprimé par voie orale, en une seule prise.
- Délai : à prendre le plus rapidement possible, et au maximum dans les 72 heures suivant le rapport non protégé.
Une contraception orale classique (pilule oestroprogestative ou progestative) peut être débutée dès le lendemain de la prise de Norlevo, selon l’avis de votre médecin.
Efficacité de Norlevo
L’efficacité diminue avec le temps ; il est donc fondamental de la prendre au plus tôt :
- Prise dans les 24 heures : environ 95 % d’efficacité.
- Prise entre 24 et 48 heures : environ 85 % d’efficacité.
- Prise entre 48 et 72 heures : environ 58 % d’efficacité.
Saignements et test de grossesse
Des règles ou des saignements doivent survenir dans les 3 semaines qui suivent la prise. En l’absence de règles dans ce délai, ou en cas de doute (nausées, tension mammaire, fatigue inhabituelle), un test de grossesse est recommandé.
Prescription, remboursement et contre-indications
- Accès : Norlevo est disponible en pharmacie sans ordonnance.
- Pour les mineures : délivrance gratuite, de manière anonyme, en pharmacie.
- Pour les majeures : remboursement à 65 % par l’Assurance Maladie en cas de prescription médicale.
- Contre-indications : il n’existe pas de contre-indication majeure connue à ce type de contraception d’urgence, mais il reste préférable de demander conseil à un professionnel de santé (médecin, gynécologue, sage-femme, pharmacien).
2. Tetragynon : pilule oestroprogestative d’urgence
Tetragynon est une contraception d’urgence oestroprogestative associant :
- 0,05 mg d’éthinylestradiol (œstrogène synthétique) ;
- 0,25 mg de lévonorgestrel (progestatif).
Mode de prise
- Dose totale : 4 comprimés par voie orale.
- Schéma :
- 2 comprimés à prendre dans les 72 heures suivant le rapport à risque ;
- puis 2 autres comprimés 12 heures plus tard.
Prescription, remboursement et contre-indications
- Prescription : Tetragynon est délivré uniquement sur ordonnance.
- Remboursement : pris en charge par la Sécurité sociale selon les règles habituelles.
- Contre-indications : identiques à celles des pilules oestroprogestatives classiques (antécédents de thrombose veineuse ou artérielle, certaines maladies cardiovasculaires, migraines avec aura, etc.). Une évaluation médicale est indispensable.
3. Stérilet au cuivre en contraception d’urgence
La pose d’un dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre, souvent appelé « stérilet », est une méthode de contraception d’urgence très efficace.
- Délai : le DIU doit être posé dans les 5 à 7 jours suivant le rapport à risque (période correspondant au délai de nidation de l’embryon).
- Efficacité : le taux d’échec est très faible, de l’ordre de 0,1 %.
- Avantage : il assure ensuite une contraception durable (plusieurs années), sans nécessité de prise quotidienne.
La pose du stérilet doit être réalisée par un médecin ou une sage-femme, après examen clinique et vérification de l’absence de contre-indications (infection génitale en cours, malformation utérine, etc.).
4. EllaOne : acétate d’ulipristal (UPA)
L’acétate d’ulipristal (UPA), commercialisé sous le nom EllaOne®, est une autre pilule de contraception d’urgence. Il agit principalement en retardant ou en bloquant l’ovulation.
Mode de prise et délai
- Prise : 1 comprimé de 30 mg par voie orale en une seule prise.
- Délai : à prendre le plus tôt possible, et au maximum dans les 120 heures (soit 5 jours) suivant le rapport non protégé.
En cas de vomissements dans les 3 heures suivant la prise, il est recommandé de reprendre un comprimé, après avis médical ou pharmaceutique.
Précautions avec ElleOne
- Après EllaOne, il est conseillé d’utiliser un préservatif jusqu’aux règles suivantes, même si vous reprenez une contraception orale, car l’efficacité de cette dernière peut être temporairement diminuée.
- Comme pour les autres contraceptifs d’urgence, un test de grossesse est indiqué en cas de retard de règles ou de symptômes évocateurs.
Après une contraception d’urgence : que faire ?
- Surveiller les règles : si elles n’arrivent pas dans les 3 semaines suivant la prise (ou dans la semaine prévue), réaliser un test de grossesse.
- Mettre en place une contraception fiable : pilule, implant, DIU, préservatifs… à discuter avec votre gynécologue ou votre médecin traitant pour éviter la répétition des situations d’urgence.
- Consulter en cas de doute : douleurs importantes, saignements anormaux, symptômes de grossesse, ou rapport à risque d’infection sexuellement transmissible.
Points clés à retenir sur la pilule du lendemain
- La contraception d’urgence est un rattrapage exceptionnel, pas une méthode de contraception régulière.
- Son efficacité est d’autant meilleure que la prise est précoce après le rapport à risque.
- Plusieurs options existent : Norlevo (lévonorgestrel), Tetragynon (oestroprogestatif), stérilet au cuivre, EllaOne® (ulipristal).
- En cas de retard de règles ou de symptômes évocateurs, un test de grossesse est indispensable.
- N’hésitez pas à consulter un gynécologue, médecin généraliste ou sage-femme pour choisir la méthode la plus adaptée à votre situation et pour mettre en place une contraception efficace à long terme.

