MonaLisa Touch : tout comprendre sur le traitement au laser vaginal

Un traitement au laser pour la sécheresse et l’atrophie vaginale : de quoi parle‑t‑on ?

MonaLisa Touch est une technologie de laser CO2 fractionné utilisée au niveau vaginal pour traiter certains troubles intimes, en particulier la sécheresse et l’atrophie vulvo‑vaginale.

Ce type de laser s’inscrit dans la prise en charge du syndrome génito‑urinaire de la ménopause (GSM) : un ensemble de symptômes liés à la carence en œstrogènes qui touche la vulve, le vagin, l’urètre et parfois la vessie (sécheresse, brûlures, douleurs, infections urinaires, gêne pendant les rapports, etc.). (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Le principe du MonaLisa Touch est de délivrer, de manière très ciblée, de minuscules impacts de lumière laser sur la muqueuse vaginale pour stimuler une réparation tissulaire : production de nouveau collagène, épaississement de l’épithélium, amélioration de la lubrification. (monalisatouch.com)

Il ne s’agit pas d’une chirurgie : le geste est réalisé en consultation, sans incision, à l’aide d’une sonde introduite dans le vagin.

Quelles femmes sont concernées par le laser vaginal ?

Le laser vaginal type MonaLisa Touch vise surtout des patientes présentant un GSM modéré à sévère, avec des symptômes gênants malgré les mesures de base (lubrifiants, hydratants locaux…). Les situations les plus souvent évoquées dans les études sont :

  • Ménopause naturelle : sécheresse vaginale, brûlures, démangeaisons, douleurs aux rapports (dyspareunie), parfois petites pertes urinaires à l’effort. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
  • Ménopause induite (traitements d’un cancer du sein, par exemple) : symptômes souvent plus marqués, chez des femmes chez qui les traitements hormonaux locaux sont discutés avec prudence. (acog.org)
  • Post‑accouchement ou chirurgie gynécologique : certaines équipes l’ont étudié dans le relâchement vaginal et des petites fuites urinaires d’effort.

Selon une synthèse récente, le syndrome génito‑urinaire de la ménopause concerne environ 27 % à 84 % des femmes ménopausées, avec une intensité variable. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) Le laser vaginal ne s’adresse donc qu’à une fraction de ces patientes, après un bilan gynécologique complet.

Comment se déroule une séance de MonaLisa Touch ?

Les protocoles peuvent varier légèrement d’un centre à l’autre, mais la majorité des études et des recommandations techniques décrivent un schéma assez homogène : (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

  • Consultation préalable : interrogatoire, examen gynécologique, dépistage d’éventuelles contre‑indications (infection, lésion suspecte du col ou de la vulve, prolapsus important, etc.).
  • Installation : en position gynécologique, comme pour un frottis ou une échographie endovaginale.
  • Son­de vaginale 360° : une pièce à main cylindrique est introduite dans le vagin puis progressivement retirée en tournant, pour traiter toute la circonférence du canal vaginal.
  • Durée : environ 5 à 10 minutes de délivrance laser par séance.
  • Douleur : la plupart des études rapportent une gêne modérée, souvent décrite comme une sensation de chaleur ou de picotement, généralement sans anesthésie générale ni locale. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
  • Suites : pertes vaginales aqueuses ou rosées pendant quelques jours, sensation de « coup de soleil » local, recommandations d’abstinence sexuelle et d’éviter les bains pendant quelques jours.

Le plus souvent, un cycle complet comprend 3 séances espacées de 4 à 8 semaines, puis éventuellement une séance annuelle d’entretien en fonction de l’évolution des symptômes. (mdpi.com)

Tableau comparatif : laser vaginal MonaLisa Touch et autres options de traitement du GSM

Option thérapeutique Mode d’action principal Niveau de preuve / recommandations Points forts Points de vigilance
Lubrifiants et hydratants vaginaux Apport direct de lubrification ou d’hydratation, sans hormone Recommandés en première intention par les sociétés savantes (NAMS, ACOG, AUA). (acog.org) Disponibles sans ordonnance, faible coût, très bonne tolérance Effet purement symptomatique, à renouveler régulièrement
Œstrogènes locaux (ovules, crème, anneau vaginal) Restauration partielle de la trophicité vaginale (épaisseur, pH, lubrification) Efficacité bien démontrée dans de nombreuses études, traitement de référence du GSM chez la femme sans contre‑indication hormonale. (acog.org) Amélioration durable des symptômes et des paramètres objectifs (pH, index de santé vaginale) Discussion nécessaire en cas d’antécédent de cancer du sein hormono‑dépendant
Autres traitements non hormonaux (acide hyaluronique, DHEA vaginale, ospémifène…) Hydratation, action trophique locale ou modulation hormonale sélective Données en croissance, plusieurs essais randomisés avec résultats encourageants mais recul encore limité pour certains produits. (acog.org) Alternatives utiles quand les œstrogènes ne sont pas souhaités ou contre‑indiqués Coût parfois élevé, disponibilité variable, nécessité d’un suivi médical
Laser CO2 vaginal (MonaLisa Touch et dispositifs proches) Micro‑lésions contrôlées induisant néocollagénèse, épaississement de la muqueuse, meilleure vascularisation Nombreuses études observationnelles positives mais données randomisées contradictoires. Les grandes sociétés savantes ne recommandent pas encore le laser comme traitement standard du GSM. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) Geste non chirurgical, amélioration rapide rapportée par de nombreuses patientes dans les séries cliniques Non remboursé, coût élevé, recul limité sur la sécurité à long terme, pas d’autorisation spécifique pour le GSM par la FDA ou certains régulateurs

Que montrent les études cliniques sur MonaLisa Touch ?

Études observationnelles : des améliorations souvent marquées

Plusieurs études prospectives non comparatives, utilisant spécifiquement le système MonaLisa Touch, rapportent :

  • Une amélioration significative de la sécheresse, des brûlures, des démangeaisons et des douleurs aux rapports, évaluée par des échelles de symptômes (Visual Analog Scale, scores de fonction sexuelle). (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
  • Une hausse du score de l’Index de santé vaginale (VHI), reflétant une muqueuse plus épaisse, mieux lubrifiée et moins fragile. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
  • Dans une série, 85 % des femmes qui n’étaient plus sexuellement actives à cause de la vulvo‑vaginite atrophique ont repris une activité sexuelle après le protocole de 3 séances. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Le site du fabricant MonaLisa Touch relaie par exemple des résultats montrant, après trois traitements, une amélioration de 76 % de la sécheresse, 72 % de la dyspareunie et 84–90 % de la sensation de brûlure ou de laxité vaginale, dans des études unicentriques. (monalisatouch.com) Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence (absence de groupe contrôle, effectifs modestes).

Essais randomisés : des résultats plus nuancés

Plusieurs essais contrôlés de bonne qualité méthodologique ont été publiés ces dernières années :

  • Un essai randomisé en double aveugle, laser CO2 vs procédure simulée (« sham »), chez 88 femmes ménopausées avec atrophie vaginale, montre une amélioration du VHI et des symptômes dans les deux groupes, mais une différence modeste entre laser et sham à 12 semaines. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
  • Une grande étude publiée en 2021 dans le JAMA, comparant laser fractionné CO2 et traitement simulé avec un suivi de 12 mois, ne retrouve pas de supériorité clinique significative du laser sur le sham pour la sévérité globale des symptômes ou la qualité de vie, bien que les deux groupes s’améliorent. (jamanetwork.com)

Au total, la littérature suggère un potentiel d’efficacité, mais les études les plus rigoureuses nuancent l’ampleur du bénéfice par rapport à un effet placebo ou à l’impact mécanique du geste.

Bénéfices potentiels du laser vaginal pour les patientes

Lorsqu’il est utilisé dans des indications adaptées et après information claire, un traitement type MonaLisa Touch peut apporter, chez certaines femmes :

  • Réduction de la sécheresse vaginale et des brûlures, avec une sensation de muqueuse « moins fragile ».
  • Diminution des douleurs pendant les rapports (dyspareunie) et amélioration de la satisfaction sexuelle, documentées par le score de fonction sexuelle féminine (FSFI) dans plusieurs séries. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
  • Amélioration de petites fuites urinaires d’effort dans certains travaux, probablement via un effet de remodelage sur les tissus de soutien du plancher pelvien. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

Ces résultats restent cependant hétérogènes : toutes les patientes ne répondent pas de la même façon, et l’amélioration peut diminuer avec le temps, d’où la proposition de séances d’entretien dans certains protocoles.

Risques, effets secondaires et limites du MonaLisa Touch

Effets indésirables rapportés

Les études cliniques décrivent principalement des effets secondaires locaux, le plus souvent transitoires : (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)

  • Douleurs modérées ou inconfort pendant la séance.
  • Sensation de brûlure locale, œdème, petites pertes sanguinolentes quelques jours.
  • Plus rarement : douleurs persistantes, aggravation de la dyspareunie, infections locales.

Les événements graves sont rares dans les séries publiées, mais le recul reste limité (souvent 6 à 12 mois de suivi) et la plupart des études sont réalisées dans des centres experts.

Position des autorités de santé

En 2018, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a publié une alerte sur l’utilisation de dispositifs à énergie (laser, radiofréquence) pour la « réjuvénation vaginale ». Elle rappelle qu’aucun de ces dispositifs n’est officiellement approuvé pour traiter la sécheresse, la laxité, les douleurs sexuelles ou les symptômes urinaires liés à la ménopause, et signale des cas de brûlures, de cicatrices et de douleurs chroniques. (mdd.gov.hk)

En 2025, l’agence australienne TGA a terminé une vaste revue des dispositifs d’énergie utilisés pour la « vaginal rejuvenation » et a conclu à une insuffisance de preuves sur leur efficacité thérapeutique et leur sécurité à long terme, entraînant le retrait de ces indications du registre national. (tga.gov.au)

Les grandes sociétés savantes (par exemple l’ACOG et l’American Urological Association) considèrent aujourd’hui le laser vaginal pour le GSM comme une option encore expérimentale, à réserver à des situations sélectionnées après information détaillée et après échec ou refus des traitements standard. (acog.org)

Avant le laser : quelles autres options pour traiter la sécheresse vaginale ?

Un avis spécialisé permet de faire le point sur la cause des symptômes (ménopause naturelle, traitement oncologique, pathologie locale, infection…) et sur les solutions adaptées. Parmi elles :

  • Mesures locales non hormonales : lubrifiants (à base d’eau, de silicone), gels hydratants vaginaux, ovules à l’acide hyaluronique ou aux polycarbophiles, suppositoires vitaminiques (vitamine E, D). (acog.org)
  • Traitements hormonaux locaux à base d’œstrogènes (ovules, crèmes, anneaux), très efficaces sur la trophicité vaginale, à discuter au cas par cas, notamment après un cancer hormono‑dépendant.
  • Autres options médicamenteuses : déhydroépiandrostérone (DHEA) vaginale, modulateurs sélectifs des récepteurs oestrogéniques comme l’ospémifène, selon les situations et les recommandations. (acog.org)
  • Rééducation périnéale et conseils hygiéno‑diététiques en cas de troubles urinaires ou de relâchement du plancher pelvien.

Pour certaines femmes, la sécheresse et les douleurs intimes s’intègrent dans un contexte plus global (infertilité, projet de grossesse, antécédent de cancer du sein, etc.). Le Dr Kadoch aborde déjà ces thématiques dans ses articles sur la stérilité du couple et l’infertilité ou sur le cancer du sein, où les traitements hormonaux peuvent influencer la santé vaginale.

Comment décider si le MonaLisa Touch est adapté (ou non) ?

Le recours à un laser vaginal doit toujours s’inscrire dans une démarche médicale globale, et non être vu comme un geste « esthétique » isolé. En pratique :

  • Un examen gynécologique complet est indispensable pour exclure une lésion du col, de la vulve ou du vagin qui nécessiterait un autre traitement.
  • Les traitements simples et bien validés (lubrifiants, hydratants, œstrogènes locaux s’ils sont possibles) doivent être discutés en premier.
  • Les attentes doivent être réalistes : le laser ne « remet pas le vagin à 20 ans », mais peut, chez certaines, atténuer des symptômes gênants.
  • Les coûts (actuellement non remboursés dans la majorité des pays) et la nécessité éventuelle de séances d’entretien doivent être pris en compte.

Le Dr Olivier Kadoch, chirurgien gynécologue expérimenté, s’attache à proposer des prises en charge fondées sur les données scientifiques les plus récentes et proportionnées aux besoins de chaque patiente, qu’il s’agisse de pathologies bénignes, de troubles de la fertilité ou de cancérologie gynécologique. Pour mieux comprendre certains examens complémentaires, vous pouvez par exemple consulter son article sur l’hystérosonographie ou celui consacré à la fécondation in vitro (FIV).

FAQ : questions fréquentes sur le laser vaginal MonaLisa Touch

Le traitement MonaLisa Touch est‑il douloureux ?

La plupart des patientes décrivent le laser vaginal comme peu ou modérément douloureux. Les sensations les plus fréquemment rapportées sont une chaleur passagère, des picotements ou un inconfort comparable à des règles un peu douloureuses. Dans les études cliniques, la majorité des femmes n’ont pas nécessité d’anesthésie, même si l’application préalable d’un gel anesthésiant au niveau de l’orifice vaginal est parfois proposée. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) Après la séance, une gêne locale et de petites pertes peuvent persister quelques jours, d’où la recommandation d’éviter les rapports sexuels et les bains durant cette période.

Combien de séances de laser vaginal sont nécessaires ?

Les protocoles les plus étudiés reposent sur 3 séances espacées de 4 à 8 semaines. Cette séquence semble suffisante, dans les séries publiées, pour obtenir l’essentiel de l’amélioration en termes de sécheresse, de dyspareunie et de score de santé vaginale. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) Certaines équipes proposent ensuite une séance d’entretien tous les 12 à 18 mois, en fonction de la réapparition progressive des symptômes. Il est important de comprendre qu’il n’existe pas de schéma « officiel » universel : la décision se prend au cas par cas, en fonction de la réponse clinique et des contraintes de la patiente.

Combien de temps durent les effets du MonaLisa Touch ?

Les études disponibles montrent en général une amélioration durable sur 6 à 12 mois après un cycle de trois séances, tant sur les symptômes que sur certains paramètres objectifs (index de santé vaginale, fonction sexuelle). (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) Au‑delà d’un an, les données sont plus limitées : dans certaines séries, une partie des patientes voit leurs symptômes réapparaître progressivement, d’où les séances d’entretien proposées par certains centres. Il n’existe pas encore de grandes études indépendantes avec un suivi de plusieurs années, ce qui est l’une des limites actuelles de cette technologie.

Le laser vaginal est‑il remboursé par l’Assurance Maladie ?

À ce jour, le traitement au laser vaginal pour la sécheresse, l’inconfort intime ou le « régénération vaginale » n’est pas pris en charge par l’Assurance Maladie en France. Il s’agit d’un acte hors nomenclature, dont le coût varie selon les structures. Les patientes doivent donc s’acquitter du montant des séances, éventuellement avec une participation partielle de certaines mutuelles, selon les contrats. Cette absence de remboursement reflète notamment le caractère encore controversé de cette indication et le besoin de davantage de données robustes sur le rapport bénéfice‑risque à long terme.

MonaLisa Touch est‑il sans danger après un cancer du sein ?

De nombreuses femmes ayant eu un cancer du sein souffrent de symptômes sévères de GSM, notamment sous hormonothérapie, et hésitent à utiliser des traitements œstrogéniques locaux. Le laser vaginal a été étudié chez des survivantes de cancer du sein, avec des résultats encourageants sur les symptômes dans des séries limitées. (acog.org) Toutefois, les grandes recommandations (ACOG notamment) rappellent que les données restent insuffisantes pour considérer le laser comme une alternative validée aux autres traitements, et soulignent l’absence d’autorisation spécifique pour cette indication. La décision doit se prendre au cas par cas, en concertation avec l’oncologue et le gynécologue, après avoir exploré les options non hormonales et, si besoin, les œstrogènes locaux faiblement dosés.

Et maintenant ? Organiser une prise en charge adaptée

Si vous souffrez de sécheresse vaginale, de douleurs pendant les rapports, de brûlures ou de petites fuites urinaires, le plus important est de ne pas rester avec ces symptômes. Ils ne sont pas une fatalité de la ménopause et méritent une évaluation médicale structurée. Le Dr Olivier Kadoch, chirurgien gynécologue à Paris et Neuilly‑sur‑Seine, prend en charge l’ensemble des problématiques de santé de la femme, de la gynécologie médicale à la cancérologie en passant par la fertilité.

Pour en savoir plus sur sa pratique, ses domaines d’expertise et les articles d’information disponibles, vous pouvez consulter le site du cabinet : Dr Olivier Kadoch – Gynécologie et chirurgie gynécologique à Paris. Une consultation permettra de faire le point sur vos symptômes, de vérifier qu’il n’existe pas de pathologie sous‑jacente et de discuter, en toute transparence, des options thérapeutiques les plus adaptées à votre situation.