Infertilité du couple : que faire après un an d’essais sans grossesse ?

Quand parler d’infertilité du couple ?

On considère qu’un couple peut commencer à s’inquiéter au bout d’environ un an de rapports sexuels réguliers, sans contraception, sans obtention de grossesse.
Cette situation est fréquente : de nombreux couples consultent pour un désir d’enfant non abouti.

Pourtant, dans une proportion importante de cas, aucun problème médical grave n’est retrouvé. Une première consultation spécialisée permet de faire le point sereinement, d’évaluer la fertilité de chacun et de proposer, si besoin, des examens complémentaires.

Les principales causes d’infertilité féminine

Chez la femme, plusieurs mécanismes peuvent altérer la fertilité. Les plus fréquents sont :

  • Troubles de l’ovulation : ovulation rare, irrégulière ou absente (cycles très longs, très irréguliers, syndrome des ovaires polykystiques, troubles hormonaux…)
  • Pathologie tubaire : trompes bouchées ou altérées (séquelles d’infections génitales, de salpingite, de chirurgie pelvienne, d’endométriose…)
  • Endométriose : présence de muqueuse utérine en dehors de l’utérus, pouvant provoquer douleurs pelviennes, kystes ovariens et difficultés de conception
  • Anomalies de la glaire cervicale : glaire insuffisante ou de mauvaise qualité, rendant plus difficile la progression des spermatozoïdes à travers le col de l’utérus

Les causes d’infertilité masculine

Chez l’homme, la qualité et la quantité des spermatozoïdes sont déterminantes. Les anomalies les plus courantes sont :

  • Oligoasthénozoospermie : spermatozoïdes trop peu nombreux et/ou insuffisamment mobiles, ce qui réduit les chances de fécondation de l’ovocyte
  • Azoospermie sécrétoire : absence de spermatozoïdes dans l’éjaculat par défaut de production au niveau des testicules
  • Azoospermie excrétoire : spermatozoïdes produits mais qui ne parviennent pas à circuler correctement dans les voies génitales (canaux obstrués, anomalies anatomiques, séquelles d’infection ou de chirurgie…)

Dans près de 40 % des situations, une diminution de la fertilité existe chez les deux partenaires simultanément, ce qui explique la difficulté à obtenir une grossesse.

Première consultation : déroulement et bilan de base

La première étape est une consultation de couple avec un gynécologue ou un spécialiste de la fertilité. Elle comprend :

  • Un interrogatoire détaillé : antécédents médicaux, chirurgicaux, gynécologiques, obstétricaux, mode de vie, fréquence des rapports, durée du désir d’enfant…
  • Un examen clinique des deux partenaires : évaluation générale, examen gynécologique chez la femme, examen des organes génitaux chez l’homme.

Exploration de l’ovulation

Les troubles de l’ovulation sont une cause fréquente d’infertilité féminine. Ils peuvent être recherchés notamment par :

  • Courbe de température basale : la patiente mesure sa température chaque matin pendant un cycle complet. Une élévation caractéristique en seconde partie de cycle témoigne le plus souvent d’une ovulation.
  • Bilan hormonal sanguin : réalisé à des moments précis du cycle, il permet d’analyser différentes hormones (FSH, LH, estradiol, progestérone, prolactine, hormones thyroïdiennes, etc.).

Examens complémentaires chez la femme

Selon le contexte clinique, plusieurs examens peuvent être proposés :

  • Échographie gynécologique : exploration de l’utérus, des ovaires et du pelvis pour rechercher kystes, fibromes, images évoquant une endométriose, anomalies de la muqueuse utérine…
  • Test post-coïtal (test de Hühner) : réalisé après un rapport sexuel programmé, il apprécie la présence, le nombre et la mobilité des spermatozoïdes dans la glaire cervicale, ainsi que la qualité de cette glaire.
  • Hystérosalpingographie : radiographie de l’utérus et des trompes après injection d’un produit de contraste par le col. Elle permet d’évaluer la cavité utérine et la perméabilité des trompes.

Examens complémentaires chez l’homme

L’examen de référence chez l’homme est :

  • Le spermogramme : analyse du sperme recueilli après quelques jours d’abstinence sexuelle. Il étudie le volume, la concentration, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes. D’autres examens (spermocytogramme, test de fragmentation de l’ADN, bilan hormonal, échographie testiculaire…) peuvent être demandés en fonction des résultats.

Et après le bilan d’infertilité ?

Une fois les causes identifiées ou suspectées, le spécialiste propose une prise en charge adaptée :

  • Correction d’un trouble hormonal ou d’un trouble de l’ovulation
  • Prise en charge d’une endométriose ou d’une pathologie pelvienne
  • Traitement d’une infection génitale, si nécessaire
  • Amélioration des facteurs de mode de vie (tabac, poids, stress…)
  • Recours à une assistance médicale à la procréation (stimulation ovarienne, insémination intra-utérine, fécondation in vitro – FIV – ou autres techniques) lorsque cela est indiqué.

Chaque situation est particulière. Un bilan d’infertilité bien conduit, réalisé en couple, permet de comprendre d’où vient la difficulté, de rassurer lorsque c’est possible et de proposer un plan de prise en charge cohérent pour optimiser les chances de grossesse.