Quand la procréation médicalement assistée ne fonctionne pas
Malgré les progrès de la procréation médicalement assistée (PMA), environ 30 % des couples n’obtiennent pas de grossesse, même après plusieurs tentatives.
Dans un centre agréé de PMA, le parcours commence le plus souvent par des inséminations intra-utérines.
Les premières étapes : inséminations IAC et IAD
On peut proposer jusqu’à 6 cycles d’insémination :
- IAC : insémination artificielle avec sperme du conjoint,
- IAD : insémination artificielle avec sperme de donneur.
En cas d’échec répété après ces 6 essais, l’équipe oriente généralement le couple vers une fécondation in vitro (FIV).
La fécondation in vitro (FIV) et la FIV avec ICSI
La FIV consiste à mettre en contact les ovocytes et les spermatozoïdes en laboratoire, puis à transférer un ou plusieurs embryons dans l’utérus.
Dans certaines situations (spermogramme très altéré, peu de spermatozoïdes, échecs de FIV classique), on a recours à l’ICSI (Injection Intra-Cytoplasmique de Spermatozoïde), où un seul spermatozoïde est injecté directement dans l’ovocyte.
Après quatre tentatives de FIV infructueuses, les chances de grossesse deviennent très faibles, de l’ordre de 15 %. C’est en général le seuil au-delà duquel il est rarement proposé de nouvelles FIV, car le rapport bénéfice–contraintes n’est plus favorable.
Quand arrêter la PMA ? Une décision difficile
L’arrêt des traitements de stérilité est une étape douloureuse pour de nombreux couples. Cette décision se fonde notamment sur :
- l’âge de la femme : après 38 ans, la qualité ovocytaire diminue et les taux de succès chutent nettement ;
- la réponse aux stimulations hormonales : une faible réponse ovarienne rend les chances de grossesse par FIV plus limitées ;
- l’état général et le vécu du couple : fatigue, souffrance psychologique, contraintes professionnelles et familiales.
Quelles options après plusieurs échecs de FIV ?
1. Demander un avis dans un autre centre de PMA
Un changement de centre de procréation médicalement assistée peut être envisagé. Cela permet :
- d’obtenir un deuxième avis spécialisé sur le dossier,
- de vérifier que toutes les explorations utiles ont été réalisées (bilan hormonal, hystéroscopie, bilan masculin, etc.),
- d’envisager d’éventuelles adaptations de protocole (types de stimulation, modalités de transfert embryonnaire…).
Cette démarche est légitime lorsque le couple ressent le besoin de confronter les avis ou d’explorer d’autres stratégies au sein d’une nouvelle équipe.
2. Réfléchir au projet d’adoption
L’adoption est une autre voie pour construire une famille.
En France, les démarches diffèrent selon qu’il s’agit :
- d’un enfant français : le dossier est géré par les services de l’aide sociale à l’enfance (anciennement DDASS) de votre département ;
- d’une adoption internationale : elle dépend du ministère des Affaires étrangères, via des organismes agréés et des accords entre États.
Les procédures sont longues et exigeantes, mais elles offrent une réelle possibilité de parentalité pour les couples dont les traitements de stérilité ont échoué.
3. Garder en tête la possibilité d’une grossesse spontanée
Lorsque aucune cause définitive d’infertilité n’a été identifiée (absence de ménopause précoce, de trompes totalement bouchées, d’azoospermie…),
il existe encore une probabilité, même faible, de grossesse spontanée, sans recours à la PMA.
Cette éventualité doit toutefois être abordée avec réalisme, en tenant compte de l’âge, de l’histoire médicale et du temps déjà consacré aux traitements.
Se faire accompagner dans ce parcours
Qu’il s’agisse de poursuivre les tentatives de PMA, de demander un nouvel avis, d’arrêter les traitements ou d’envisager l’adoption, il est essentiel d’être :
- correctement informé sur les taux de succès et les contraintes,
- accompagné psychologiquement, si besoin par un psychologue ou un psychiatre spécialisé en infertilité,
- écouté dans ses limites personnelles et celles du couple.
Un dialogue régulier avec votre gynécologue ou votre spécialiste de la fertilité permet d’adapter le projet à votre situation médicale et à vos souhaits, afin de construire, malgré les échecs, un projet de vie qui vous corresponde.

