Le cycle féminin : comprendre les règles, l’ovulation et les hormones

Qu’est-ce que le cycle menstruel ?

À partir de la puberté, l’organisme féminin se met à fonctionner selon un rythme régulier appelé cycle menstruel. Ce cycle dure en moyenne de 28 à 30 jours, mais il peut être un peu plus court ou plus long selon les femmes, sans que cela soit forcément anormal.

Chaque cycle commence par l’apparition des règles (menstruations). Tout au long du mois, des changements coordonnés surviennent au niveau des ovaires et de l’utérus, sous l’influence de différentes hormones. Ces hormones sont produites par les ovaires et par une petite glande située à la base du cerveau, l’hypophyse. Elles assurent la communication entre le cerveau et l’appareil génital pour permettre l’ovulation et, éventuellement, une grossesse.

Les grandes phases du cycle féminin

On distingue habituellement trois grandes phases dans un cycle menstruel normal :

  • la phase folliculaire (ou phase de maturation du follicule ovarien) ;
  • la phase d’ovulation ;
  • la phase lutéale (ou phase de préparation de l’utérus à une éventuelle grossesse).

La phase folliculaire : préparation de l’ovulation

La phase folliculaire débute le premier jour des règles et se poursuit jusqu’à l’ovulation. Pendant cette période, l’un des ovaires va préparer un ovocyte (la cellule reproductrice féminine) en vue d’une possible fécondation.

Chaque mois, parmi la réserve d’ovocytes présente dans les ovaires, une cinquantaine deviennent sensibles aux signaux hormonaux. Sous l’influence d’une hormone produite par l’hypophyse, appelée FSH (Follicle Stimulating Hormone), plusieurs follicules se mettent à grossir. Le follicule est un petit sac rempli de liquide, qui contient un ovocyte.

En général, un seul follicule poursuit sa croissance jusqu’à maturité : les autres régressent (on parle d’atrésie). Ce follicule dominant gonfle progressivement à la surface de l’ovaire pour atteindre environ 2 cm de diamètre juste avant l’ovulation.

L’ovocyte et le patrimoine génétique

L’ovocyte est une grosse cellule, d’environ un dixième de millimètre. Contrairement à la majorité des cellules du corps humain, il ne contient que 23 chromosomes (soit la moitié du patrimoine génétique). Ces chromosomes portent l’ensemble des informations génétiques que la femme peut transmettre à son enfant. Le complément des 23 chromosomes proviendra du spermatozoïde lors de la fécondation, constituant ainsi les 46 chromosomes de l’embryon.

Rôle des œstrogènes pendant la phase folliculaire

Au cours de cette phase, le follicule en croissance sécrète des œstrogènes, principales hormones féminines. Les œstrogènes ont plusieurs rôles, notamment :

  • épaissir et préparer la muqueuse de l’utérus (endomètre) à accueillir éventuellement un embryon ;
  • influencer la glaire cervicale au niveau du col de l’utérus, la rendant plus favorable au passage des spermatozoïdes à l’approche de l’ovulation ;
  • participer à la régulation du cycle en agissant sur l’hypophyse et l’hypothalamus.

La phase d’ovulation : libération de l’ovocyte

L’ovulation correspond à la libération de l’ovocyte par l’ovaire. Elle survient en moyenne 14 jours avant le début des règles suivantes.

Ainsi, pour un cycle de 28 jours, l’ovulation a généralement lieu autour du 14e jour. Si les cycles sont plus longs (par exemple 35 jours), l’ovulation sera décalée plus tard dans le cycle, ce qui peut rendre plus difficile la détermination de la « période fertile » sans aide médicale.

L’ovulation est déclenchée par un pic d’une autre hormone hypophysaire, la LH (Luteinizing Hormone). Sous l’effet de cette décharge de LH, la paroi du follicule se rompt et l’ovocyte est expulsé à la surface de l’ovaire, puis immédiatement capté par la trompe de Fallope.

L’ovocyte commence alors sa migration le long de la trompe en direction de l’utérus. C’est au cours de ce trajet, dans la trompe, qu’une fécondation par un spermatozoïde peut avoir lieu.

La phase lutéale : préparation de l’utérus à la grossesse

Après l’ovulation, le follicule vidé de son ovocyte se transforme en une structure appelée corps jaune. C’est le début de la phase lutéale.

Le corps jaune se met à sécréter une hormone essentielle pour la grossesse : la progestérone. Cette hormone, en association avec les œstrogènes, va :

  • rendre l’endomètre plus épais et plus riche en vaisseaux sanguins, pour favoriser la nidation d’un embryon ;
  • stabiliser la muqueuse utérine et la préparer à soutenir une éventuelle grossesse ;
  • agir sur la température corporelle (la progestérone entraîne souvent une légère élévation de la température après l’ovulation).

En cas de fécondation

Si un spermatozoïde féconde l’ovocyte, un embryon se forme et migre vers l’utérus pour s’y implanter. L’embryon en développement va produire une hormone (la bêta-HCG) qui va maintenir le corps jaune actif. Celui-ci continuera alors à sécréter de la progestérone, indispensable au maintien de la grossesse débutante.

En l’absence de fécondation

Si aucune fécondation n’a lieu, le corps jaune se met progressivement à régresser et finit par disparaître. La production de progestérone et d’œstrogènes chute, ce qui entraîne la desquamation de l’endomètre : ce sont les règles, qui marquent le début d’un nouveau cycle.

À retenir

  • Le cycle féminin est un phénomène naturel, rythmé par des variations hormonales complexes entre le cerveau (hypophyse) et les ovaires.
  • La durée moyenne du cycle est de 28 à 30 jours, mais des variations existent d’une femme à l’autre.
  • La phase folliculaire prépare l’ovaire et l’utérus ; l’ovulation correspond à la libération de l’ovocyte ; la phase lutéale prépare l’utérus à accueillir un embryon.
  • En l’absence de grossesse, la chute hormonale en fin de cycle provoque les règles, puis un nouveau cycle recommence.

En cas de cycles irréguliers, de règles très abondantes, douloureuses ou de difficultés à repérer la période d’ovulation, il est conseillé de consulter un gynécologue pour un avis personnalisé et, si besoin, des examens complémentaires.