Panorama des principaux moyens de contraception
Il existe de nombreuses méthodes de contraception permettant d’éviter une grossesse. Le choix dépend de votre âge, de votre état de santé, de la régularité de vos rapports, de vos souhaits (réversibilité, présence ou non d’hormones, protection contre les infections sexuellement transmissibles, etc.).
On distingue principalement :
- les pilules contraceptives (œstro-progestatives ou progestatives seules) ;
- les autres méthodes hormonales (implant, anneau vaginal, système intra-utérin hormonal, patch) ;
- le dispositif intra-utérin (DIU ou « stérilet »), surtout au cuivre ;
- les contraceptions locales (préservatifs, spermicides, diaphragmes, capes) ;
- les méthodes dites naturelles (retrait, méthodes du calendrier, de la température, etc.) ;
- la stérilisation contraceptive (non détaillée ici) ;
- la contraception d’urgence (non détaillée ici).
Un entretien avec votre médecin ou votre gynécologue est indispensable pour choisir la méthode la plus adaptée et dépister d’éventuelles contre-indications.
Les pilules contraceptives
Types de pilules
On distingue deux grandes familles de pilules :
- Les pilules œstro-progestatives : elles associent un œstrogène de synthèse et un progestatif. Elles peuvent :
- présenter différents dosages hormonaux ;
- contenir divers types de progestatifs ;
- avoir une composition constante ou varier au cours du cycle (pilules bi- ou triphasiques).
- Les pilules progestatives seules : elles ne contiennent qu’un progestatif.
Les plaquettes comportent en général soit 21 comprimés, soit 28 comprimés (avec ou sans comprimés placebo).
Mécanisme d’action
Les pilules œstro-progestatives agissent principalement en :
- bloquant l’ovulation (mise au repos des ovaires grâce aux hormones de synthèse) ;
- modifiant l’endomètre (muqueuse de l’utérus), ce qui rend la nidation d’un éventuel œuf très improbable ;
- épaississant la glaire cervicale au niveau du col de l’utérus, ce qui freine la progression des spermatozoïdes.
Les pilules uniquement progestatives agissent surtout par une modification de la glaire cervicale, et parfois sur l’ovulation selon la molécule.
Efficacité contraceptive
Lorsqu’elles sont prises correctement, les pilules ont une efficacité très proche de 100 %. Cette efficacité suppose :
- une prise quotidienne sans oubli ;
- un respect des horaires (idéalement à heure fixe) ;
- le suivi des consignes en cas d’oubli, de vomissements ou de diarrhée importante.
Mode d’emploi
Le schéma le plus fréquent pour les pilules classiques à 21 comprimés est le suivant :
- commencer la plaquette le premier jour des règles ;
- prendre un comprimé par jour pendant 21 jours, à peu près à la même heure ;
- faire ensuite une pause de 7 jours (sans comprimé) pendant laquelle surviennent des saignements ressemblant à des règles ;
- reprendre une nouvelle plaquette après ces 7 jours, même si les saignements ne sont pas complètement terminés.
Pour les plaquettes de 28 comprimés, un comprimé est pris chaque jour sans interruption entre deux plaquettes. Certains comprimés sont alors non hormonaux (placebo) et correspondent à la période de saignements.
Prescription et surveillance
La pilule est délivrée en pharmacie sur ordonnance (médecin généraliste, gynécologue, autre spécialiste habilité). Avant la première prescription, le médecin réalise :
- un interrogatoire détaillé (antécédents personnels et familiaux, tabac, migraines, accidents thromboemboliques…) ;
- un examen clinique (poids, tension artérielle, examen des seins, examen gynécologique et frottis cervico-utérin selon l’âge) ;
- des analyses biologiques si nécessaire (bilan lipidique, glycémie à jeun, parfois bilan de coagulation selon le contexte).
Principales contre-indications
Les pilules œstro-progestatives sont déconseillées ou contre-indiquées dans plusieurs situations, par exemple :
- hypercholestérolémie ou troubles importants des lipides sanguins ;
- hypertension artérielle non équilibrée ;
- antécédents personnels de phlébite, embolie pulmonaire, AVC, ou pathologies thromboemboliques ;
- certains cancers hormono-dépendants (notamment cancer du sein et de l’endomètre) ;
- tabagisme associé à l’âge après 35 ans (risque vasculaire accru).
Dans ces cas, on privilégie d’autres méthodes (pilule progestative seule, DIU, méthodes locales, etc.).
Que faire en cas d’oubli de pilule ?
- Oubli inférieur à 12 heures (pour la plupart des pilules classiques) : prendre le comprimé oublié dès que possible, puis poursuivre la plaquette normalement. La protection contraceptive est en principe maintenue.
- Oubli supérieur à 12 heures : prendre immédiatement le comprimé oublié, continuer la plaquette, et utiliser une méthode complémentaire (préservatif) jusqu’à la fin de la plaquette.
Si, après l’oubli, il reste moins de 7 comprimés sur la plaquette, il est souvent recommandé d’enchaîner directement une nouvelle plaquette sans faire de pause, afin de ne pas diminuer l’efficacité contraceptive. Les consignes exactes peuvent varier selon le type de pilule : en cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
Les autres méthodes hormonales
L’implant contraceptif
Définition
L’implant contraceptif est un petit bâtonnet souple (environ 4 cm de long et 2 mm de diamètre), placé sous la peau de la face interne du bras. Il contient un progestatif de synthèse de 3ᵉ génération, libéré en continu.
Mécanisme d’action
L’implant agit en :
- empêchant l’ovulation ;
- épaississant la glaire cervicale, ce qui freine le passage des spermatozoïdes.
Efficacité
Utilisé correctement, l’implant est l’une des méthodes les plus fiables, avec une efficacité très proche de 100 % pendant 3 ans. La protection est effective dès la pose (si celle-ci est réalisée selon les recommandations).
Pose et retrait
L’implant est inséré sous la peau du bras par le médecin, en consultation, sous anesthésie locale. La procédure est rapide (environ 1 à 2 minutes pour la pose). Le retrait se fait également sous anesthésie locale, via une petite incision de quelques millimètres, à l’aide d’une pince. L’implant est généralement efficace 3 ans, puis doit être remplacé si la patiente souhaite poursuivre cette méthode.
Prescription et contre-indications
L’implant est délivré en pharmacie sur ordonnance et est pris en charge par l’Assurance maladie. Il est contre-indiqué en cas de :
- thrombose évolutive (phlébite, embolie…) ;
- affections hépatiques sévères.
Un bilan médical est nécessaire avant la pose.
L’anneau vaginal contraceptif
Définition
L’anneau vaginal est un dispositif souple, d’environ 5,4 cm de diamètre, qui libère une association d’œstrogènes et de progestatifs de 3ᵉ génération.
Mécanisme d’action
Son fonctionnement est comparable à celui d’une pilule œstro-progestative :
- blocage de l’ovulation ;
- modification de la glaire cervicale.
Efficacité
Lorsqu’il est correctement utilisé, l’anneau est très efficace, avec un taux d’échec très faible, dès le premier cycle d’utilisation.
Utilisation
- un anneau est mis en place dans le vagin pour une durée de 3 semaines consécutives ;
- il est ensuite retiré pour une pause d’une semaine, pendant laquelle surviennent les saignements de privation ;
- un nouvel anneau est ensuite inséré pour le cycle suivant.
La mise en place et le retrait se font à l’aide des doigts, comme pour un tampon, en intra-vaginal.
Prescription et contre-indications
L’anneau est disponible en pharmacie sur prescription médicale, mais n’est pas remboursé par l’Assurance maladie. Ses contre-indications sont similaires à celles des pilules œstro-progestatives (risque thromboembolique, pathologies cardiovasculaires, certains cancers hormono-dépendants, tabac après 35 ans, etc.).
Le système intra-utérin hormonal
Définition
Le système intra-utérin hormonal (SIU) est un dispositif en forme de T, placé dans l’utérus, qui contient un réservoir de lévonorgestrel (52 mg de progestatif).
Mécanisme d’action
Le lévonorgestrel agit à plusieurs niveaux :
- il limite le développement de l’endomètre, rendant la nidation peu probable ;
- il épaissit la glaire cervicale, ce qui empêche la progression des spermatozoïdes ;
- il peut inhiber l’ovulation chez certaines femmes.
Efficacité et durée d’action
Son efficacité est comparable à celle des pilules œstro-progestatives. La contraception est effective dès la pose, pour une durée pouvant aller jusqu’à 5 ans. La fertilité revient rapidement après le retrait.
Pose, prescription et contre-indications
Le SIU est mis en place par un médecin, en consultation, pour une durée maximale de 5 ans. Il est délivré sur ordonnance. Les contre-indications majeures sont notamment :
- thromboses ou thrombo-phlébites évolutives ;
- affections graves du foie ;
- infections génitales en cours (endométrite, salpingite, IST non traitée).
Le patch contraceptif
Définition
Le patch contraceptif est un timbre transdermique d’environ 20 cm², de couleur chair, qui diffuse une association d’œstrogènes et de progestatifs à travers la peau.
Mécanisme d’action
Comme les autres méthodes combinées, il agit en :
- bloquant l’ovulation ;
- épaississant la glaire cervicale.
Efficacité
Utilisé correctement (sans oubli de changement), le patch offre une efficacité contraceptive proche de 100 %, dès le premier cycle, y compris durant la semaine d’arrêt.
Utilisation
- un patch est appliqué sur la peau et gardé une semaine ;
- il est renouvelé chaque semaine pendant 3 semaines consécutives ;
- une quatrième semaine sans patch permet l’apparition des saignements ;
- le changement se fait toujours le même jour de la semaine.
Les zones d’application possibles sont : l’abdomen, la fesse, la face antérieure du bras ou la partie supérieure du tronc. Il ne doit pas être appliqué sur les seins.
Prescription et contre-indications
Le patch est disponible en pharmacie sur ordonnance. Les contre-indications sont identiques à celles des contraceptions œstro-progestatives orales (risque vasculaire, cancers hormono-dépendants, etc.).
Les préservatifs
Le préservatif masculin
Définition
Le préservatif masculin est une gaine en latex (ou autre matériau pour les personnes allergiques), avec ou sans réservoir à l’extrémité. Il demeure la seule méthode qui protège efficacement à la fois d’une grossesse non désirée et des infections sexuellement transmissibles (IST), dont le VIH/SIDA.
Mécanisme d’action
Au moment de l’éjaculation, le sperme est recueilli à l’intérieur du préservatif et ne pénètre pas dans le vagin, ce qui empêche la fécondation.
Efficacité
Lorsque le préservatif est utilisé correctement à chaque rapport, le taux d’échec reste inférieur à 5 %. L’association à un spermicide peut encore améliorer l’efficacité contraceptive, mais n’est pas indispensable pour la protection contre les IST.
Mode d’emploi
- placer le préservatif sur le pénis en érection avant toute pénétration ;
- si le préservatif n’a pas de réservoir, laisser 1 à 2 cm de marge au bout pour former un espace destiné au sperme ;
- pincer l’extrémité pour chasser l’air et dérouler le préservatif jusqu’à la base du pénis ;
- le bourrelet doit se trouver à l’extérieur pour que le déroulement soit correct ;
- après le rapport, le retirer en maintenant la base pour éviter tout glissement et le jeter.
Obtention
Les préservatifs sont en vente libre, sans ordonnance, en pharmacie, grandes surfaces, distributeurs, etc. Ils peuvent également être distribués gratuitement dans certains centres de santé, centres de planification ou associations.
Le préservatif féminin
Définition
Le préservatif féminin est une gaine cylindrique en polyuréthane, pré-lubrifiée, comportant :
- un anneau interne, qui facilite l’introduction et le maintien dans le vagin ;
- un anneau externe, qui reste à l’extérieur et recouvre la vulve.
Efficacité
Son efficacité contraceptive est globalement comparable à celle du préservatif masculin, lorsqu’il est utilisé à chaque rapport et correctement positionné. Il offre également une protection contre les IST.
Mode d’emploi
- il peut être mis en place peu avant le rapport, dès que la patiente le souhaite ;
- adopter une position confortable (couchée, assise, debout avec une jambe relevée…) ;
- presser l’anneau interne entre les doigts, l’introduire dans le vagin et le pousser aussi loin que possible ;
- l’anneau externe doit rester à l’extérieur, au contact de la vulve ;
- pour le retirer, le tourner légèrement afin d’enfermer le sperme à l’intérieur, puis tirer doucement.
Obtention
Le préservatif féminin est également disponible sans ordonnance en pharmacie ou dans certains centres de santé.
Le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre
Définition
Le DIU, souvent appelé stérilet, est un petit dispositif placé à l’intérieur de l’utérus. Il existe différentes tailles et formes. Le choix du modèle est fait par le médecin selon la morphologie utérine et le profil de la patiente.
On distingue :
- les DIU au cuivre

