Qu’est-ce qu’une aspiration‑curetage ?
L’aspiration‑curetage est un geste de chirurgie gynécologique pratiqué entre la 7ᵉ et la 14ᵉ semaine d’aménorrhée (SA).
Il consiste à évacuer le contenu de la cavité utérine lorsqu’une grossesse est arrêtée : œuf clair, arrêt évolutif de la grossesse ou fausse couche spontanée incomplète.
Cet acte est réalisé en milieu hospitalier ou en clinique par un gynécologue‑obstétricien, dans des conditions strictes de sécurité et d’asepsie.
Les consultations médicales autour de l’intervention
Première consultation pré‑opératoire
Avant toute aspiration‑curetage, une consultation médicale est indispensable. Elle permet de :
- Confirmer la grossesse et préciser l’âge gestationnel (par interrogatoire, examen clinique et échographie pelvienne).
- Écarter une grossesse extra‑utérine, qui nécessite une prise en charge totalement différente.
- Informer la patiente de manière claire et adaptée :
- sur la technique chirurgicale (aspiration et éventuel curetage),
- sur le type d’anesthésie (générale ou locale),
- sur les risques, complications possibles et effets secondaires,
- sur le déroulement de la surveillance après l’intervention.
Consultation de contrôle post‑opératoire
Une visite de contrôle est recommandée entre le 14ᵉ et le 21ᵉ jour après l’aspiration‑curetage, même si elle n’est pas obligatoire.
Cette consultation a pour objectifs :
- de vérifier la vacuité utérine (absence de débris dans la cavité utérine), souvent par échographie,
- de s’assurer de l’arrêt des saignements anormaux,
- de dépister toute infection génitale (douleurs pelviennes, fièvre, pertes anormales).
Technique chirurgicale de l’aspiration‑curetage
Prévention de l’allo‑immunisation Rhésus
Chez les femmes ayant un Rhésus négatif, une prévention de l’allo‑immunisation fœto‑maternelle est nécessaire.
Elle repose sur une injection de gammaglobulines anti‑D, réalisée dans les 72 heures suivant l’intervention (ou en pré‑opératoire selon le protocole).
Type d’anesthésie
L’aspiration‑curetage peut être réalisée :
- sous anesthésie générale,
- ou sous anesthésie locale ou loco‑régionale, selon le contexte médical et les souhaits de la patiente.
Étapes opératoires
Entre 7 et 14 SA, l’aspiration est la technique de référence. Le geste se déroule en plusieurs temps :
- Préparation et dilatation du col de l’utérus :
- par traitement médicamenteux (prostaglandines),
- et/ou par dilatation mécanique à l’aide de bougies de Hégar.
- Aspiration endo‑utérine :
- introduction d’une canule d’aspiration dans la cavité utérine,
- canule reliée à un système d’aspiration permettant d’évacuer le contenu utérin (trophoblaste, débris gestationnels).
- Curetage complémentaire (si nécessaire) :
- réalisé à l’aide d’une curette,
- permet de racler délicatement la muqueuse utérine (endomètre),
- afin de vérifier et d’assurer la vacuité complète de la cavité utérine.
Complications possibles de l’aspiration‑curetage
L’aspiration‑curetage est un geste très fréquent et en général bien toléré. Comme tout acte chirurgical, il comporte néanmoins des risques, rares mais à connaître.
On distingue les complications immédiates, précoces et tardives.
Complications immédiates
- Accidents liés à l’anesthésie (réactions allergiques, malaise, complications respiratoires ou cardiovasculaires selon le terrain).
- Perforation utérine lors de la dilatation cervicale ou du passage des instruments à l’intérieur de l’utérus.
- Hématomètre (ou hématométrie) : accumulation de sang dans la cavité utérine à l’origine de douleurs pelviennes.
- Malaise vagal (hypotension, sueurs, sensation de malaise) pendant la dilatation du col.
- Lésions cervicales : déchirure du col de l’utérus.
Complications précoces
- Hémorragies plus abondantes ou plus prolongées que prévu après l’intervention.
- Infections génitales :
- endométrite (infection de la muqueuse utérine),
- salpingite (infection des trompes),
- pelvipéritonite (infection du petit bassin), pouvant, dans de rares cas, évoluer vers une septicémie.
- Complications thromboemboliques (phlébite, embolie pulmonaire), favorisées par certains facteurs de risque (immobilisation, tabac, antécédents).
- Rétention de débris trophoblastiques : persistance de fragments dans la cavité utérine, pouvant entraîner saignements et infections, et nécessiter parfois une reprise du geste.
Complications tardives
- Retentissement sur la fertilité :
- synéchies endo‑utérines (adhérences à l’intérieur de l’utérus) responsables parfois d’aménorrhée (absence de règles) et d’infertilité,
- béance cervico‑isthmique (col fragilisé et trop ouvert) pouvant favoriser les fausses couches tardives,
- augmentation du risque de grossesse extra‑utérine (GEU) dans certains contextes.
- Séquelles psycho‑affectives : tristesse, culpabilité, anxiété ou état dépressif après la perte de grossesse, pouvant nécessiter un accompagnement psychologique.
- Allo‑immunisation Rhésus en l’absence de prophylaxie anti‑D chez les patientes Rhésus négatif, avec risque de complications pour les grossesses ultérieures.
Après l’aspiration‑curetage : surveillance et reprise de la vie quotidienne
Dans les jours qui suivent, des saignements modérés et des douleurs pelviennes type règles sont habituels. Il est important de consulter en urgence en cas de :
- saignements très abondants ou prolongés,
- douleurs importantes et persistantes,
- fièvre, frissons, pertes vaginales malodorantes.
La reprise des activités quotidiennes est généralement rapide. La reprise des rapports sexuels et la mise en place d’une contraception sont discutées avec le gynécologue lors de la consultation de contrôle, en tenant compte du désir de grossesse ultérieur.

