Comprendre la sécheresse vaginale en quelques mots
La sécheresse vaginale n’est pas une fatalité.
Elle correspond à une diminution de l’hydratation et de l’élasticité de la muqueuse vaginale, souvent associée à des brûlures, démangeaisons ou douleurs pendant les rapports. Ce trouble très fréquent après la ménopause, mais aussi en post-partum ou sous certains traitements, peut altérer profondément la qualité de vie et la vie de couple. On parle aujourd’hui de syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGM ou GSM), qui englobe la sécheresse, la dyspareunie (rapports douloureux) et certains symptômes urinaires.
Dans cet article, nous détaillons les causes principales de la sécheresse vaginale, les traitements validés (lubrifiants, traitements locaux, hormones) et la place spécifique du laser vaginal MonaLisa Touch, avec une approche médicale, nuancée et centrée sur vos besoins.
Qu’est-ce que la sécheresse vaginale ?
Symptômes les plus fréquents
La sécheresse vaginale se manifeste par des signes locaux plus ou moins intenses :
- Impression de manque de lubrification, gêne à la pénétration.
- Brûlures ou démangeaisons intimes au repos ou pendant les rapports.
- Douleurs pendant les rapports (dyspareunie), parfois persistantes ensuite.
- Sensation de tiraillement, frottement, petites fissures vaginales.
- Parfois symptômes urinaires associés : envies fréquentes, brûlures à la miction.
À l’examen gynécologique, la muqueuse vaginale apparaît souvent plus fine, pâle, fragile : on parle d’atrophie vaginale.
Impact sur la qualité de vie et la sexualité
Au-delà de l’inconfort physique, la sécheresse vaginale peut :
- Amener à éviter les rapports par peur de la douleur.
- Créer un sentiment de culpabilité ou de perte de féminité.
- Fragiliser la relation de couple si le sujet est difficile à aborder.
- Altérer le sommeil et la concentration lorsque les douleurs sont quasi permanentes.
Plusieurs études indiquent que plus de la moitié des femmes ménopausées rapportent au moins un symptôme vulvo-vaginal gênant (sécheresse, brûlures, douleurs), avec un retentissement important sur la sexualité et le bien-être global. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
Les principales causes de sécheresse vaginale
1. La baisse des œstrogènes (ménopause naturelle ou induite)
La cause la plus fréquente reste la carence en œstrogènes liée à la ménopause (naturelle ou après chirurgie/traitements). Les œstrogènes entretiennent l’épaisseur, l’hydratation et la vascularisation de la muqueuse vaginale. Quand leur taux chute :
- La muqueuse devient plus fine et moins élastique.
- La production de glaire vaginale diminue.
- Le pH vaginal augmente, favorisant irritations et infections.
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause toucherait environ 50 % des femmes ménopausées, avec des estimations variant entre 27 et 84 % selon les études et les critères utilisés. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) La sécheresse est l’un des symptômes les plus fréquents.
2. Autres situations hormonales : post-partum, allaitement, traitements
D’autres contextes hormonaux peuvent entraîner une sécheresse intime marquée :
- Post-partum et allaitement : le taux d’œstrogènes reste bas plusieurs semaines ou mois, entraînant une atrophie vaginale transitoire.
- Contraceptifs hormonaux (surtout microdosés ou certains dispositifs) : chez quelques femmes sensibles, ils peuvent diminuer la lubrification.
- Traitements anti-hormonaux (cancer du sein, notamment anti-aromatases, analogues de la GnRH) : ils induisent une ménopause artificielle, souvent avec sécheresse vaginale sévère.
- Chirurgie ovarienne ou radiothérapie pelvienne : destruction partielle ou totale de la fonction ovarienne.
Dans ces contextes, le choix du traitement doit absolument tenir compte des antécédents (par exemple, antécédent de cancer du sein) et se fait en coordination avec l’oncologue lorsque c’est nécessaire.
3. Facteurs non hormonaux
La sécheresse vaginale n’est pas toujours uniquement hormonale. D’autres causes ou facteurs aggravants existent :
- Médicaments : certains antidépresseurs, antihistaminiques, traitements contre l’hypertension… peuvent diminuer les sécrétions.
- Tabac : altère la microcirculation et la trophicité des muqueuses.
- Hygiène intime inadaptée : douches vaginales, savons agressifs, lingettes parfumées.
- Stress, anxiété, troubles du désir : la lubrification dépend aussi de l’excitation sexuelle.
- Maladies générales (diabète, maladies auto-immunes…) pouvant toucher les muqueuses.
Un même symptôme (sécheresse, douleur) peut donc résulter de plusieurs mécanismes associés. D’où l’importance d’une évaluation globale en consultation gynécologique, comme le pratique le Dr Olivier Kadoch.
Diagnostic et bilan : quand consulter votre gynécologue ?
Beaucoup de femmes tardent à parler de sécheresse intime, par pudeur ou par crainte que ce soit « normal ». Pourtant, dès que la gêne devient récurrente, il est recommandé de consulter.
Au cabinet du Dr Olivier Kadoch, chirurgien gynécologue à Paris, la démarche repose sur :
- Un entretien détaillé : âge, contexte (ménopause, post-partum, traitement du cancer…), impact sur la sexualité.
- Un examen gynécologique : état de la vulve, du vagin, du col, recherche d’atrophie, de lésions ou d’infection.
- Si besoin, un frottis, des prélèvements vaginaux ou des examens complémentaires (échographie, hystérosonographie pour d’autres symptômes associés). (docteurkadoch.com)
L’objectif est de distinguer une sécheresse purement hormonale d’une autre cause (infection, dermatose, lichen scléreux, etc.) et de proposer un traitement adapté, validé scientifiquement.
Les traitements classiques de la sécheresse vaginale
Mesures simples et soins locaux non hormonaux
Dans un premier temps, des mesures simples peuvent déjà améliorer nettement la situation :
- Utilisation de lubrifiants pendant les rapports (à base d’eau ou de silicone).
- Application régulière de hydratants vaginaux (ovules ou gels contenant acide hyaluronique, glycérine, etc.).
- Adaptation de l’hygiène intime : éviter les douches vaginales, privilégier un nettoyant doux sans parfum, une fois par jour maximum.
- Ajustement éventuel d’un médicament en cause, en accord avec le prescripteur.
Ces produits, en vente libre, soulagent rapidement les symptômes chez de nombreuses femmes. Ils n’agissent toutefois pas sur la cause hormonale profonde lorsque celle-ci est présente.
Traitements hormonaux locaux : œstrogènes et DHEA
Lorsque la sécheresse est liée à un déficit œstrogénique, les traitements locaux à base d’œstrogènes (crèmes, ovules, anneaux) constituent une option efficace pour épaissir la muqueuse, restaurer le pH et réduire les douleurs. (vidal.fr)
La prastérone (DHEA vaginale) est une autre option : elle se transforme localement en œstrogènes et androgènes, avec un passage systémique limité.
Cependant :
- Ils restent contre-indiqués ou à manier avec prudence en cas d’antécédent de cancer hormono-dépendant (sein, endomètre).
- Leur tolérance à long terme, notamment sur l’endomètre, fait encore l’objet de suivis. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
La décision se prend au cas par cas, après discussion approfondie avec votre gynécologue, et le cas échéant avec l’oncologue.
Traitements systémiques et autres options
Dans certaines situations, on peut proposer :
- Un traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause (œstrogènes ± progestatifs) lorsqu’il existe d’autres symptômes climatériques associés (bouffées de chaleur, troubles du sommeil…), et en l’absence de contre-indications.
- Des médicaments ciblant le SGM comme l’ospémifène (modulateur des récepteurs aux œstrogènes), là encore avec des indications précises.
Les approches dites « naturelles » (phytoestrogènes, compléments alimentaires) doivent être considérées avec prudence : les preuves d’efficacité restent limitées et certains produits peuvent avoir un effet hormonal réel, sans suivi médical.
MonaLisa Touch : quel est le rôle de ce laser vaginal ?
Depuis quelques années, des lasers vaginaux CO₂ fractionnés, dont le MonaLisa Touch, sont proposés pour traiter la sécheresse vaginale et l’atrophie muqueuse. Il s’agit d’une approche non chirurgicale, visant à stimuler la régénération de la muqueuse.
Comment fonctionne le laser MonaLisa Touch ?
MonaLisa Touch est un système de laser CO₂ fractionné conçu pour agir sur la muqueuse vaginale. Le principe :
- Le laser délivre de multiples micropoints d’énergie contrôlés à la surface de la muqueuse.
- Cela entraîne de minuscules microlésions, déclenchant une réparation tissulaire.
- La néo-collagénèse (production de nouveau collagène) et la meilleure vascularisation doivent, en théorie, épaissir et réhydrater la muqueuse.
Selon les données communiquées par le fabricant, chez des femmes ménopausées traitées par MonaLisa Touch, une amélioration de la sécheresse supérieure à 70 % après trois séances a été rapportée, avec également une diminution des brûlures, démangeaisons et dyspareunie. (monalisatouch.com) Ces chiffres restent issus de études limitées, souvent non comparatives.
Déroulement pratique et profils de patientes
En pratique, une séance de laser vaginal :
- Dure quelques minutes, en consultation, sans anesthésie générale.
- S’effectue via une sonde introduite dans le vagin, reliée au laser CO₂.
- Peut générer une sensation de chaleur ou de picotements, généralement bien tolérée.
Le protocole le plus fréquemment décrit associe trois séances espacées d’environ 4 à 6 semaines, puis une séance d’entretien annuelle en fonction de l’évolution des symptômes. (crpce.com)
Les patientes ciblées, dans les études et dans la pratique, sont principalement :
- Femmes ménopausées avec sécheresse vaginale sévère et/ou dyspareunie.
- Femmes après accouchement (post-partum) présentant une atrophie marquée.
- Femmes ayant une ménopause induite par traitements (par exemple en oncologie) et ne pouvant ou ne souhaitant pas recourir aux hormones.
Limites, risques et niveau de preuve scientifique
C’est un point essentiel : malgré de nombreuses communications favorables, les grandes sociétés savantes restent prudentes quant aux lasers vaginaux pour le syndrome génito-urinaire de la ménopause.
- La North American Menopause Society (NAMS) souligne qu’il existe trop peu d’essais contrôlés contre placebo pour conclure formellement à l’efficacité et à la sécurité à long terme des thérapies par énergie (lasers, radiofréquence) et ne recommande pas de les utiliser en première intention. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
- La FDA américaine a publié une alerte de sécurité en 2018, rappelant que les dispositifs d’énergie utilisés pour la « réjuvénation vaginale » n’étaient pas autorisés spécifiquement pour le traitement des symptômes de ménopause et signalant des cas de brûlures, douleurs persistantes et cicatrices. (medsafe.govt.nz)
En résumé :
- Le MonaLisa Touch peut améliorer les symptômes chez certaines patientes, en particulier lorsque d’autres options ont échoué ou ne sont pas possibles.
- Mais il doit être proposé avec une information claire sur les bénéfices attendus, les limites de la preuve scientifique et les risques potentiels.
- Il est réservé à des centres agréés et doit être pratiqué par des médecins formés.
Tableau comparatif : principales options de traitement
Comparer rapidement les options de traitement de la sécheresse vaginale
| Option thérapeutique | Type / mode d’action | Avantages principaux | Limites / précautions |
|---|---|---|---|
| Lubrifiants | Produit appliqué avant ou pendant les rapports, améliore la glisse. | Action immédiate, en vente libre, pas d’effet hormonal. | Effet limité au rapport, ne traite pas l’atrophie sous-jacente. |
| Hydratants vaginaux | Gels/ovules utilisés régulièrement pour maintenir l’hydratation. | Améliore le confort au quotidien, non hormonal. | Effet parfois insuffisant en cas d’atrophie sévère. |
| Œstrogènes locaux | Crème, ovule ou anneau vaginal, restaure la trophicité. | Très efficaces sur sécheresse, brûlures et dyspareunie. | Contre-indiqués ou discutés en cas de cancer hormono-dépendant. |
| DHEA vaginale | Prohormone convertie localement en œstrogènes/androgènes. | Option supplémentaire en post-ménopause, passage systémique limité. | Surveillance nécessaire, effets à long terme encore étudiés. |
| THS systémique | Œstrogènes ± progestatifs par voie orale, transdermique, etc. | Agit aussi sur bouffées de chaleur, troubles du sommeil, humeur. | Non indiqué pour une sécheresse isolée, contre-indications nombreuses. |
| Laser CO₂ MonaLisa Touch | Énergie fractionnée stimulant la régénération de la muqueuse. | Non chirurgical, non médicamenteux, amélioration rapide chez certaines patientes. | Preuves encore limitées, effets à long terme et risques (brûlures, douleurs) à discuter. |
Comment le Dr Olivier Kadoch vous accompagne ?
Le Dr Olivier Kadoch est chirurgien gynécologue, spécialisé en gynécologie médicale, chirurgie gynécologique et cancérologie, avec plus de 25 ans d’expérience. Son approche de la sécheresse vaginale est :
- Globale : prise en compte de l’âge, du contexte hormonal, des antécédents (notamment de cancer du sein ou de l’ovaire), de votre vie de couple.
- Personnalisée : priorisation des traitements validés (soins locaux, hormones locales ou systémiques lorsque possible), adaptation en fonction de vos souhaits et de vos contraintes médicales.
- Basée sur les recommandations : s’appuyant sur les sociétés savantes et les données scientifiques récentes.
Chez les patientes traitées ou suivies pour un cancer gynécologique ou mammaire, comme celles évoquées dans l’article du cancer du sein, le Dr Kadoch travaille en lien avec les oncologues pour trouver la meilleure stratégie : solutions non hormonales, éventuellement explication des traitements émergents (tels que les lasers vaginaux) et orientation vers des centres adaptés lorsque cela est pertinent.
Son cabinet du 16ᵉ arrondissement de Paris offre un cadre calme et confidentiel, propice à évoquer ces sujets intimes. Vous pouvez également consulter les autres articles du blog du Dr Kadoch pour approfondir différentes thématiques de santé féminine.
Questions fréquentes sur la sécheresse vaginale et MonaLisa Touch
La sécheresse vaginale est-elle forcément liée à la ménopause ?
Non. La ménopause est une cause majeure, mais loin d’être la seule. Une femme jeune peut souffrir de sécheresse vaginale, par exemple après un accouchement, pendant l’allaitement, sous certaines pilules contraceptives ou en raison de médicaments qui assèchent les muqueuses. Le tabac, le stress, des infections ou des dermatoses vulvaires peuvent aussi jouer un rôle. C’est pourquoi un examen gynécologique complet est essentiel : il permet de vérifier l’absence d’infection, de lichen ou d’autre pathologie, et d’orienter vers le traitement le plus adapté à votre situation personnelle.
Quel est le taux de réussite du MonaLisa Touch contre la sécheresse vaginale ?
Les données publiées, souvent issues de séries de patientes sans groupe contrôle, montrent des améliorations cliniques importantes : le fabricant du MonaLisa Touch rapporte par exemple une diminution de la sécheresse chez environ 3 femmes sur 4 après trois séances, avec une réduction parallèle des brûlures et démangeaisons. (monalisatouch.com) Toutefois, les grandes sociétés savantes soulignent que les essais randomisés de haute qualité restent peu nombreux et que la sécurité à long terme est encore en cours d’évaluation. Le bénéfice doit donc être apprécié au cas par cas, après information détaillée.
Combien de séances de laser vaginal sont nécessaires et combien de temps durent les effets ?
La plupart des protocoles décrivent un protocole initial de trois séances, espacées de quatre à six semaines. Beaucoup de patientes rapportent une amélioration des symptômes dès la première ou deuxième séance. Un schéma d’entretien annuel est souvent proposé, mais la durée réelle de l’effet varie d’une femme à l’autre en fonction de l’intensité des troubles, de l’âge, du terrain hormonal et des autres traitements associés. Il s’agit donc d’un traitement qui peut nécessiter une certaine maintenance dans le temps, avec une évaluation régulière des bénéfices et des éventuels effets secondaires.
Peut-on utiliser MonaLisa Touch en cas de cancer du sein ou d’antécédent de cancer ?
C’est une situation délicate qui nécessite une décision pluridisciplinaire. Chez les femmes ayant eu un cancer du sein hormono-dépendant, on cherche en général à éviter les traitements œstrogéniques, même locaux. Les lasers vaginaux, dont MonaLisa Touch, sont parfois envisagés comme option non hormonale. Cependant, les autorités de santé rappellent que les données d’efficacité et de sécurité à long terme sont encore limitées, en particulier dans cette population. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) Toute indication doit donc être discutée entre la patiente, le gynécologue et l’oncologue, au cas par cas.
Quand faut-il consulter en urgence pour des symptômes intimes ?
La sécheresse vaginale isolée relève rarement de l’urgence. En revanche, il est important de consulter rapidement (ou de se rendre aux urgences) si vous présentez : des douleurs pelviennes intenses, des saignements vaginaux inexpliqués (en particulier après la ménopause), une fièvre avec pertes anormales, ou des brûlures urinaires très fortes avec fièvre ou sang dans les urines. Ces signes peuvent traduire une infection, une complication ou une autre pathologie nécessitant une prise en charge rapide. En dehors de ces situations, n’hésitez pas à prendre rendez-vous pour faire le point sereinement en consultation spécialisée.
Et maintenant, que faire si vous souffrez de sécheresse vaginale ?
Si vous ressentez une gêne intime, des rapports douloureux ou des brûlures persistantes, ne restez pas seule avec ces symptômes. Une consultation spécialisée permet de poser un diagnostic précis, d’expliquer les différentes options (soins locaux, traitements hormonaux, approches non hormonales, et éventuellement laser vaginal dans un centre agréé) et de construire avec vous une prise en charge sur mesure. Pour en savoir plus sur la pratique du Dr Olivier Kadoch et organiser une consultation à Paris 16 ou à Neuilly-sur-Seine, vous pouvez visiter le site du cabinet : docteurkadoch.com.


