Qu’est-ce que la dyspareunie ?
Une douleur au bas-ventre ou au niveau génital pendant les rapports sexuels est appelée dyspareunie. Il s’agit d’un symptôme fréquent, qui toucherait environ 5 à 30 % des femmes au cours de leur vie.
Ces douleurs peuvent être ressenties à l’entrée du vagin (douleurs « orificielles ») ou plus en profondeur dans le bas-ventre au cours de la pénétration (dyspareunie profonde). Dans de nombreux cas, il existe une cause identifiable et donc un traitement possible.
Les causes locales de douleurs pendant les rapports
Plusieurs affections gynécologiques peuvent être à l’origine de douleurs pendant les rapports. On distingue habituellement :
Dyspareunies orificielles (douleurs à l’entrée du vagin)
- Vulvovaginite (infection ou mycose de la vulve et du vagin)
- Cause : inflammation liée à des bactéries ou des champignons (mycose vaginale), souvent accompagnée de brûlures, démangeaisons et pertes anormales.
- Traitement : antibiotiques ou traitements antifongiques locaux ou par voie orale, selon le germe en cause.
- Dermatose vulvaire (maladie de la peau de la vulve)
- Cause : affections dermatologiques chroniques (par exemple lichen scléreux, eczéma, etc.).
- Traitement : crèmes à base de corticoïdes (dermocorticoïdes) et, plus rarement, geste chirurgical ciblé.
- Malformation congénitale de l’hymen
- Cause : hymen trop épais, cloisonné ou imperforé, gênant ou rendant douloureuse la pénétration.
- Traitement : petite intervention chirurgicale pour corriger la forme de l’hymen.
- Sténose vaginale après accouchement
- Cause : cicatrice douloureuse d’épisiotomie ou de déchirure périnéale, pouvant réduire l’élasticité et le diamètre de l’entrée vaginale.
- Traitement : auto-massages réguliers de la cicatrice, crèmes cicatrisantes, parfois reprise chirurgicale de la cicatrice si la gêne persiste.
Dyspareunies profondes (douleurs dans le bas-ventre)
- Infection génitale haute (salpingite, infection de l’utérus ou des trompes)
- Cause : infection des trompes, de l’utérus ou du pelvis pouvant faire suite à une infection sexuellement transmissible ou à un geste gynécologique.
- Traitement : antibiotiques adaptés ; en cas de complications (abcès, adhérences), une intervention par coelioscopie peut être nécessaire.
- Endométriose
- Cause : présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus (ovaires, ligaments, péritoine…) pouvant provoquer douleurs pelviennes, douleurs pendant les règles et dyspareunie profonde.
- Traitement : traitement hormonal (par exemple analogues de la LHRH ou autres traitements visant à mettre au repos l’endomètre) et, si besoin, chirurgie pour retirer les lésions d’endométriose.
- Adénomyose
- Cause : présence de tissu endométrial au sein même du muscle utérin, responsable de règles très douloureuses et de douleurs pelviennes chroniques.
- Traitement : traitements hormonaux, notamment à base de progestatifs, parfois associés à d’autres options selon l’âge et le projet de grossesse.
- Syndrome de Masters et Allen et rétroversion utérine symptomatique
- Cause : déchirure obstétricale d’un ligament utérin lors de l’accouchement (syndrome de Masters et Allen) ou utérus basculé en arrière (rétroversion utérine) pouvant être douloureux à la pénétration.
- Traitement : prise en charge spécialisée, pouvant aller d’une simple rééducation et adaptation des positions sexuelles à une intervention chirurgicale dans certains cas.
- Séquelles de chirurgie ou de radiothérapie pelvienne
- Cause : fibroses, adhérences ou modifications anatomiques après hystérectomie ou autre chirurgie pelvienne, ou après radiothérapie, rendant les rapports douloureux.
- Traitement : prise en charge spécifique en fonction des lésions (rééducation périnéale, traitements locaux, chirurgie réparatrice, prise en charge de la douleur).
Comment se déroule le bilan en consultation ?
Face à des douleurs pendant les rapports, une consultation gynécologique est indispensable pour en rechercher la cause. Elle comprend généralement :
- Un interrogatoire détaillé (type de douleur, moment d’apparition, contexte, antécédents, accouchements, interventions, traitements en cours).
- Un examen gynécologique
- Si besoin, des prélèvements microbiologiques (vaginaux, cervicaux) pour rechercher une infection.
- Une échographie pelvienne pour visualiser l’utérus, les ovaires et le pelvis, et dépister endométriose, adénomyose, séquelles d’infection ou autres anomalies.
Quel que soit le mécanisme, l’utilisation d’antalgiques (médicaments contre la douleur) peut être proposée, ainsi que des lubrifiants pour faciliter la pénétration et réduire les frottements douloureux.
La part des facteurs psychologiques
Lorsque aucune cause organique nette n’est retrouvée, ou lorsqu’elle n’explique pas entièrement les symptômes, l’origine des douleurs est souvent en partie psychosomatique.
Des éléments comme le stress, un traumatisme sexuel, des difficultés dans le couple, un trouble anxieux ou dépressif peuvent majorer la douleur ou entretenir un cercle vicieux (appréhension du rapport, contraction réflexe des muscles, augmentation de la douleur).
Dans ces situations, une prise en charge psychologique est souvent bénéfique :
- entretien avec un psychologue ou un psychiatre,
- consultation avec un sexologue,
- prise en charge de troubles anxieux ou dépressifs si nécessaire,
- parfois travail de couple pour aborder la communication et la sexualité.
Quand consulter et que retenir ?
Il est important de consulter un gynécologue si :
- les douleurs pendant les rapports sont répétées ou s’aggravent,
- elles s’accompagnent de fièvre, pertes anormales, saignements ou douleurs pelviennes en dehors des rapports,
- elles entraînent une appréhension des rapports ou une altération de votre qualité de vie ou de votre vie de couple.
Dans beaucoup de cas, une cause précise peut être identifiée et un traitement adapté mis en place. Même lorsque la cause est en partie psychologique, des solutions existent, associant prise en charge médicale, psychologique et sexologique.
Ne restez pas seule avec cette question : en parler à votre médecin ou à votre gynécologue est la première étape vers une sexualité plus confortable et sereine.

