Suivi après traitement d’un cancer du sein : examens, précautions et conseils de vie

Organisation du suivi médical après un cancer du sein

Une fois le traitement de votre cancer du sein terminé (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie…), un suivi régulier est indispensable. Il permet de surveiller votre état de santé, de dépister précocement une éventuelle récidive ou un nouveau cancer, et de vous accompagner dans la durée.

En pratique, le suivi repose sur :

  • Une consultation clinique tous les 6 mois pendant les 5 premières années, puis généralement une fois par an ensuite, selon les recommandations de votre équipe médicale.
  • Un bilan d’imagerie annuel comportant au minimum une mammographie et souvent une échographie mammaire, selon la qualité de vos seins (denses ou non) et vos antécédents.
  • Éventuellement des examens biologiques ciblés si votre oncologue les juge utiles dans votre situation, mais sans systématiser les prises de sang complexes.

L’objectif de ce suivi est de :

  • détecter rapidement une récidive locale au niveau du sein ou de la paroi thoracique,
  • dépister un nouveau cancer sur l’autre sein,
  • repérer des métastases afin de proposer un traitement adapté le plus tôt possible.

Des études ont montré qu’augmenter la fréquence des consultations et multiplier les examens (scanners, IRM, prises de sang répétées) n’améliorait pas le pronostic global. C’est pourquoi le suivi est structuré mais raisonnable, afin d’éviter des examens inutiles et sources d’angoisse.

Auto‑surveillance et vigilance personnelle

En complément des consultations, votre rôle est essentiel. Il est recommandé de pratiquer un auto‑examen mensuel des seins, même après une chirurgie ou une radiothérapie.

Vous devez consulter rapidement si vous remarquez :

  • une nouvelle masse ou une induration dans un sein ou sur la cicatrice,
  • une modification de la peau (rougeur persistante, rétraction, aspect de « peau d’orange »),
  • un écoulement anormal par le mamelon,
  • des douleurs inhabituelles persistantes,
  • ou de manière générale, tout symptôme nouveau qui vous inquiète.

Prévention du lymphœdème du bras (gros bras)

Après un curage axillaire ou parfois un prélèvement de ganglion sentinelle, il existe un risque de lymphœdème du membre supérieur, souvent appelé « gros bras ». Pour le prévenir, il est conseillé de protéger le bras du côté opéré.

Dans la mesure du possible, il faut éviter sur ce bras :

  • les prises de sang et les mesures de tension artérielle,
  • les actes tels que acupuncture ou mésothérapie,
  • le port de bijoux ou vêtements trop serrés qui peuvent gêner la circulation lymphatique,
  • le port de charges lourdes de façon répétée.

Pour le ménage, le jardinage ou le bricolage, il est recommandé de porter des gants afin de limiter les petits traumatismes cutanés (coupures, égratignures, piqûres). En cas de plaie, même minime, il est préférable de la nettoyer, de la désinfecter et de consulter rapidement si elle semble s’infecter.

Contraception après un cancer du sein

Après un cancer du sein, les contraceptions hormonales œstroprogestatives et progestatives sont contre‑indiquées dans la grande majorité des cas, car elles peuvent influencer le risque de récidive, surtout si la tumeur était hormono‑dépendante.

Il faudra privilégier :

  • des méthodes mécaniques (préservatif, dispositif intra‑utérin au cuivre),
  • ou, dans certains cas, d’autres méthodes non hormonales selon votre situation personnelle.

Ce choix se fait toujours en concertation avec votre gynécologue ou votre oncologue, en tenant compte de votre âge, de vos souhaits de grossesse et des caractéristiques de votre cancer du sein.

Grossesse après un cancer du sein

Une grossesse est généralement envisageable après un cancer du sein, mais pas immédiatement. On recommande le plus souvent d’attendre 2 à 3 ans après la fin des traitements, période durant laquelle le risque de récidive est le plus surveillé.

En cas de rémission complète et d’accord de l’équipe médicale, une grossesse en cours peut être poursuivie et suivie de près, en collaboration entre oncologue et obstétricien.

Suivi particulier selon les traitements hormonaux

Si vous êtes traitée par Tamoxifène

Le Tamoxifène est un traitement d’hormonothérapie fréquemment prescrit dans les cancers du sein hormono‑dépendants. Il peut avoir des effets sur l’endomètre (muqueuse de l’utérus), notamment après la ménopause.

C’est pourquoi, en cas de saignements génitaux chez une femme ménopausée sous Tamoxifène, une consultation rapide est indispensable. Une échographie pelvienne, voire une hystéroscopie ou un prélèvement de l’endomètre, pourra être proposée pour éliminer une hyperplasie ou un cancer de l’endomètre.

Si vous êtes traitée par antiaromatases

Les antiaromatases (anastrozole, létrozole, exemestane, etc.) sont souvent prescrits chez la femme ménopausée. L’un de leurs principaux effets secondaires est d’accélérer la perte osseuse et donc de favoriser l’ostéoporose.

Un suivi de la densité minérale osseuse (ostéodensitométrie) est alors souvent recommandé, accompagné si besoin de mesures de prévention ou de traitement de l’ostéoporose : apport suffisant en calcium et vitamine D, activité physique adaptée, et éventuellement traitements spécifiques (bisphosphonates, etc.), selon l’avis de votre médecin.

Un suivi régulier mais rassurant

La période qui suit la fin des traitements peut être vécue comme angoissante : les consultations sont plus espacées, les examens moins fréquents, et certaines patientes ont le sentiment d’être « moins surveillées ». Pourtant, le schéma de suivi proposé correspond aux données scientifiques actuelles et vise à trouver un équilibre entre efficacité, qualité de vie et prévention de l’anxiété liée à des examens répétés.

N’hésitez pas à :

  • parler de vos inquiétudes lors des consultations,
  • demander des explications sur le calendrier de suivi,
  • signaler tout symptôme nouveau entre deux rendez‑vous.

Votre suivi après cancer du sein est un travail d’équipe entre vous, votre gynécologue, votre oncologue, votre médecin traitant et, si besoin, d’autres spécialistes (radiologues, kinésithérapeutes, psychologues…). L’objectif est de vous accompagner sur le long terme, en veillant à votre santé physique mais aussi à votre bien‑être global.