Quelle contraception choisir quand on a déjà un enfant ?

Les principaux moyens de contraception après une grossesse

Après une première grossesse, de nombreuses femmes souhaitent espacer ou éviter une nouvelle grossesse pendant un certain temps. Plusieurs méthodes contraceptives sont possibles. Le choix dépend de votre état de santé, de vos antécédents médicaux, de la fréquence des rapports sexuels et de vos préférences personnelles.

Un entretien avec votre gynécologue est indispensable pour déterminer la méthode de contraception la plus adaptée à votre situation.

La contraception orale (les pilules)

La pilule oestroprogestative

La pilule oestroprogestative associe un estrogène et un progestatif. C’est une méthode contraceptive très efficace lorsque la prise est régulière. Il existe de nombreuses formules (différentes doses et types d’hormones), ce qui permet d’adapter le traitement à chaque femme.

Cependant, ces pilules augmentent le risque d’accidents thromboemboliques (phlébite, embolie pulmonaire) et peuvent avoir des effets métaboliques (sur le cholestérol, la tension artérielle, etc.). Elles sont donc contre-indiquées chez un grand nombre de femmes, en particulier en cas de :

  • tabagisme important après 35 ans,
  • antécédent de phlébite ou d’embolie pulmonaire,
  • migraine avec aura,
  • hypertension artérielle non contrôlée,
  • obésité ou troubles de la coagulation.

La pilule microprogestative

La pilule microprogestative (par exemple Cérazette) ne contient qu’un progestatif. Elle représente une alternative aux pilules oestroprogestatives, notamment en cas de contre-indication aux estrogènes (allaitement, antécédent de phlébite, migraine avec aura, etc.).

Elle est généralement un peu plus contraignante : pour conserver une bonne efficacité, la prise doit être très régulière, sans décalage de plus de quelques heures (souvent 3 heures) par rapport à l’horaire habituel, selon les spécialités.

Les effets indésirables possibles incluent :

  • des troubles du cycle (spottings, saignements irréguliers ou aménorrhée),
  • une légère prise de poids chez certaines femmes,
  • une augmentation du risque de grossesse extra-utérine en cas d’échec contraceptif.

Les macroprogestatifs (progestatifs de type norstéroïde)

Les macroprogestatifs (par exemple Orgamétril) ne sont pas à l’origine conçus comme des contraceptifs, mais ils possèdent un effet contraceptif lorsqu’ils sont prescrits en continu.

Ils peuvent être proposés :

  • après 35 ans, lorsque les oestroprogestatifs sont contre-indiqués,
  • en cas de douleurs mammaires sous pilule,
  • en cas de saignements génitaux sous autre pilule.

Parmi les effets secondaires possibles, on retrouve notamment une tendance à la prise de poids et parfois des troubles du cycle.

L’implant contraceptif sous-cutané

L’implant sous-cutané à base de progestatif (par exemple implant à l’étonogestrel) est un moyen de contraception très fiable. Il est inséré sous la peau de la face interne du bras par le médecin, sous anesthésie locale, et reste efficace pendant environ 3 ans.

Il est particulièrement indiqué :

  • en cas de contre-indication aux estrogènes,
  • en cas d’oubli fréquent de pilule,
  • si vous souhaitez une contraception de longue durée sans contrainte quotidienne.

Les principaux effets indésirables possibles sont :

  • des saignements irréguliers (spotting, règles prolongées ou, au contraire, absence de règles),
  • une possible prise de poids,
  • des tensions mammaires ou des céphalées chez certaines femmes.

Le dispositif intra-utérin (stérilet)

Le stérilet, ou dispositif intra-utérin (DIU), est une méthode de contraception très efficace et de longue durée (3 à 10 ans selon le modèle). Il existe des DIU au cuivre et des DIU hormonaux au lévonorgestrel.

Le choix d’un stérilet se fait après un examen gynécologique et une discussion individualisée. Pour davantage de détails, se reporter à la fiche spécifique consacrée au stérilet.

Le préservatif masculin

Le préservatif masculin est une méthode contraceptive efficace lorsqu’il est utilisé correctement à chaque rapport. C’est une alternative intéressante à la contraception hormonale ou au stérilet, notamment :

  • en cas de rapports sexuels occasionnels,
  • après un accouchement, pendant la période de post-partum,
  • en complément d’une autre méthode si l’on souhaite une double protection.

Le préservatif masculin est, avec le préservatif féminin, l’un des rares moyens de contraception qui protège également contre les infections sexuellement transmissibles (IST).

Le préservatif féminin

Le préservatif féminin (par exemple Femidom) constitue une alternative au préservatif masculin. Son efficacité dépend étroitement de la bonne mise en place du dispositif par l’utilisatrice.

Il peut être inséré dans le vagin plusieurs heures avant le rapport sexuel, ce qui peut offrir une certaine liberté d’utilisation. Comme le préservatif masculin, il protège à la fois contre les grossesses non désirées et contre les infections sexuellement transmissibles.

Les méthodes locales et naturelles

Les méthodes locales (diaphragmes, gels ou tampons spermicides) et les méthodes dites « naturelles » (méthode Ogino, retrait ou coït interrompu, observation du cycle) présentent, en pratique, un taux d’échec nettement plus élevé que les autres moyens de contraception.

Elles ne doivent pas être utilisées comme seule méthode lorsque l’on souhaite une contraception fiable, en particulier si une nouvelle grossesse serait mal acceptée ou médicalement déconseillée.

Pourquoi une consultation médicale est indispensable

La consultation avec votre gynécologue permet :

  • d’analyser vos antécédents personnels et familiaux,
  • d’évaluer les contre-indications éventuelles aux hormones,
  • de discuter de vos souhaits (contraception courte ou longue durée, réversibilité, tolérance des règles, etc.),
  • de choisir la méthode de contraception la plus adaptée à votre situation actuelle.

Un suivi clinique et parfois biologique (tension artérielle, bilan sanguin, surveillance du poids…) est souvent recommandé au cours du temps, surtout en cas de contraception hormonale.

En cas de symptômes inhabituels sous pilule ou autre contraception (maux de tête intenses, douleurs thoraciques, essoufflement, douleurs ou gonflement d’un mollet, saignements anormaux, douleurs pelviennes…), il est important de contacter rapidement votre médecin plutôt que d’arrêter vous-même brutalement la contraception.

Le choix d’un moyen contraceptif est toujours personnalisé : n’hésitez pas à en parler lors de votre consultation de gynécologie afin de trouver la méthode la plus sûre, la mieux tolérée et la plus adaptée à votre projet de vie.