Prurit vulvaire : causes possibles et conduite à tenir

Qu’est-ce que le prurit vulvaire ?

Le prurit vulvaire correspond à des démangeaisons au niveau de la vulve. Il s’agit d’un motif de consultation très fréquent en gynécologie. Les causes sont nombreuses, allant de simples irritations à des maladies dermatologiques ou, plus rarement, à une lésion cancéreuse. Un examen clinique est indispensable pour en déterminer l’origine et adapter le traitement.

Principales causes aiguës de démangeaisons vulvaires

Lorsque les démangeaisons apparaissent brutalement et sont récentes, on parle de causes aiguës. Parmi les plus fréquentes :

  • Vestibulite : inflammation de la zone située à l’entrée du vagin (vestibule vulvaire), responsable de brûlures, picotements et douleurs surtout lors des rapports sexuels.
  • Bartholinite : infection d’une glande de Bartholin, donnant une tuméfaction douloureuse d’un côté de la vulve, rouge et sensible, parfois accompagnée de fièvre.
  • Condylomes génitaux : petites verrues dues au papillomavirus (HPV), pouvant s’accompagner de démangeaisons ou de gêne locale.
  • Infections génitales :
    • Mycose vulvo-vaginale (le plus souvent à Candida) : démangeaisons intenses, pertes blanches épaisses, brûlures.
    • Infection bactérienne : parfois associée à des pertes vaginales anormales, malodorantes, et une irritation de la vulve.
    • Infection virale, notamment herpès génital : poussées douloureuses avec vésicules, brûlures et démangeaisons, souvent récurrentes.

Causes chroniques de prurit vulvaire

Lorsque les démangeaisons persistent dans le temps ou évoluent par poussées depuis plusieurs mois ou années, on parle de causes chroniques. Les pathologies dermatologiques sont alors fréquemment en cause :

  • Lichen scléreux ou lichen plan : maladies inflammatoires chroniques de la peau de la vulve, responsables de démangeaisons importantes, de plaques blanchâtres ou rouges, parfois de fissures et de douleurs. Un suivi régulier est nécessaire.
  • Dermatite séborrhéique : forme d’eczéma pouvant toucher les régions génitales, provoquant rougeurs, squames et prurit.
  • Psoriasis génital : plaques rouges bien limitées, parfois peu squameuses dans cette localisation, avec démangeaisons variables.

Causes plus rares : lésions précancéreuses ou cancéreuses

Dans un nombre limité de cas, surtout si les troubles sont anciens, résistants aux traitements ou associés à une lésion visible, le prurit vulvaire peut révéler :

  • Une lésion précancéreuse non invasive :
    • Maladie de Paget vulvaire
    • Maladie de Bowen
    • Papulose bowénoïde
  • Un cancer vulvaire invasif :
    • Carcinome épidermoïde
    • Mélanome vulvaire

Ces pathologies restent rares mais doivent être évoquées en cas de lésion suspecte ou persistante. Dans ce contexte, une biopsie (prélèvement d’un petit fragment de peau) est souvent nécessaire pour obtenir un diagnostic précis.

Prise en charge et traitements

Le traitement du prurit vulvaire dépend entièrement de sa cause. Après un examen gynécologique et, si besoin, des prélèvements locaux ou une biopsie, le médecin pourra proposer :

  • Antihistaminiques pour diminuer les démangeaisons, notamment la nuit.
  • Dermocorticoïdes locaux (crèmes ou pommades à base de cortisone) pour les maladies inflammatoires cutanées comme le lichen, le psoriasis ou certaines dermatites.
  • Traitements anti-infectieux adaptés :
    • Antifongiques locaux ou par voie orale en cas de mycose vulvo-vaginale.
    • Antibiotiques si une infection bactérienne est identifiée.
    • Traitement antiviral dans certains cas d’herpès génital.
  • Œstrogènes locaux (en crème ou ovules) chez la femme ménopausée, lorsque la sécheresse vulvo-vaginale liée au déficit hormonal entraîne irritations et démangeaisons.

En présence d’une lésion suspecte ou confirmée comme précancéreuse ou cancéreuse, un traitement médico-chirurgical pourra être indiqué, déterminé en fonction des résultats de la biopsie et de l’extension de la lésion.

Mesures d’hygiène et conseils au quotidien

En complément du traitement médical, quelques mesures simples permettent souvent de diminuer l’irritation locale et de prévenir les récidives :

  • Utiliser un nettoyant doux spécifique pour la toilette intime ou de l’eau tiède seule, en évitant les savons agressifs, les douches vaginales et les produits parfumés.
  • Se sécher en tamponnant délicatement la vulve, sans frotter.
  • Porter des sous-vêtements en coton et éviter les vêtements très serrés qui favorisent la macération.
  • Limiter l’utilisation de protège-slips parfumés ou colorés, sources possibles d’irritation.
  • En cas de sécheresse ou de douleur lors des rapports, recourir à des lubrifiants adaptés pour réduire les frottements et les microtraumatismes.

Quand consulter en gynécologie ?

Une consultation chez le gynécologue ou le médecin traitant est recommandée :

  • Si les démangeaisons persistent plus de quelques jours malgré des mesures simples.
  • Si les symptômes s’accompagnent de brûlures importantes, de douleurs, de pertes anormales ou de saignements.
  • Si vous observez une lésion, une plaque, une ulcération ou une verrue au niveau de la vulve.
  • En cas de récidives fréquentes de mycoses ou d’herpès génital.

Un diagnostic précis permet de mettre en place un traitement ciblé, de soulager rapidement le prurit vulvaire et de dépister, si nécessaire, des pathologies plus rares mais potentiellement graves.