Qu’est-ce qu’une conisation du col utérin ?
La conisation est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer une petite portion du col de l’utérus. Le fragment retiré a une forme de cône : sa base, située à la surface du col, mesure en général 1 à 2 cm de diamètre, et sa hauteur est d’environ 15 mm.
Cette intervention est proposée lorsqu’on met en évidence des anomalies des cellules du col utérin, le plus souvent après un frottis cervico-utérin anormal et une colposcopie. Sans traitement, certaines de ces lésions précancéreuses peuvent évoluer, sur plusieurs années, vers un cancer du col de l’utérus. La conisation permet donc d’enlever la zone malade pour prévenir ce risque.
Pourquoi réaliser une conisation ?
La conisation a deux objectifs principaux :
- Un objectif diagnostique : l’analyse histologique (au microscope) de la pièce de conisation permet de préciser la nature exacte de la lésion (lésion précancéreuse, cancer débutant…) et son extension, à la surface du col et dans le canal cervical retiré.
- Un objectif thérapeutique : en retirant la zone anormale, la conisation traite la lésion et rend exceptionnel le risque d’évolution ultérieure vers un cancer du col de l’utérus.
Comment se déroule l’intervention ?
La conisation se pratique par les voies naturelles, sans ouverture abdominale.
Type d’anesthésie
L’acte peut être réalisé sous :
- anesthésie générale ;
- anesthésie locorégionale (péridurale ou rachianesthésie) ;
- anesthésie locale, dans certains cas particuliers.
Le choix de la technique d’anesthésie dépend de votre état de santé, de l’avis de l’anesthésiste et de votre préférence après discussion.
Techniques chirurgicales
La conisation du col de l’utérus peut être réalisée à l’aide de différents instruments :
- un bistouri froid (lame chirurgicale),
- une anse diathermique (anse électrique),
- plus rarement, un laser.
Dans la pratique actuelle, l’utilisation d’une anse électrique est la méthode la plus fréquente. Elle permet de découper le cône de tissu tout en limitant le saignement.
Quels sont les risques et inconvénients possibles ?
La conisation est une intervention courante en gynécologie, généralement bien tolérée et associée à un faible taux de complications. Néanmoins, comme tout acte chirurgical, elle comporte certains risques.
Risque hémorragique
Le principal risque est le saignement :
- un saignement peut survenir dans les heures qui suivent l’intervention,
- un risque d’hémorragie retardée persiste pendant environ 15 jours après l’opération.
La survenue d’un saignement abondant et continu, supérieur à l’intensité de règles habituelles, doit vous amener à consulter en urgence votre médecin ou un service d’urgences.
Le traitement repose le plus souvent sur la mise en place d’un tamponnement vaginal (mèche ou compresse). Dans de rares cas, une nouvelle intervention peut être nécessaire pour contrôler l’hémorragie.
Douleurs et gêne postopératoire
La conisation entraîne habituellement peu ou pas de douleur après l’intervention. Vous pouvez toutefois ressentir une gêne pelvienne modérée, similaire à des douleurs de règles, de façon transitoire.
Impact sur la fertilité et les grossesses futures
La conisation du col utérin n’empêche en général pas d’avoir des grossesses ultérieures. La fertilité est le plus souvent préservée.
On observe néanmoins :
- des conséquences sur la fécondité rares ;
- une légère augmentation du risque d’accouchement prématuré lors des grossesses à venir, en lien avec la modification du col de l’utérus.
Rétrécissement du col (sténose cervicale)
À distance de l’intervention, un rétrécissement du col de l’utérus (sténose cervicale) peut apparaître :
- il peut gêner l’écoulement normal des règles,
- il peut rendre plus difficile la surveillance ultérieure du col (frottis, colposcopie).
Dans la majorité des cas, une dilatation simple du col suffit pour corriger cette sténose. Plus rarement, une nouvelle intervention est nécessaire. Une sténose serrée peut occasionner des difficultés d’ouverture du col au moment d’un accouchement, ce qui sera pris en compte par l’équipe obstétricale.
Importance des antécédents et traitements
Certains risques opératoires ou postopératoires peuvent être augmentés par :
- vos antécédents médicaux ou chirurgicaux personnels,
- vos antécédents familiaux (troubles de la coagulation, pathologies particulières…),
- les traitements en cours (anticoagulants, aspirine, antiagrégants plaquettaires, etc.).
Il est essentiel d’informer précisément votre médecin et l’anesthésiste de votre dossier médical complet et de tous les médicaments que vous prenez, y compris les traitements sans ordonnance et les compléments alimentaires.
Conseils pratiques après une conisation
Après l’intervention, quelques précautions sont recommandées afin de favoriser une bonne cicatrisation du col de l’utérus et de limiter les complications.
- Vie sexuelle : il est conseillé d’attendre environ un mois avant de reprendre les rapports sexuels, afin de laisser le temps à la plaie de cicatriser.
- Activité physique : évitez les activités sportives intenses et les longs déplacements pendant les 3 semaines suivant l’opération.
- Bains : ne prenez pas de bain pendant les 15 premiers jours (risque d’infection). Les douches sont autorisées.
- Surveillance des saignements : si des saignements apparaissent après le retour à domicile et qu’ils sont plus abondants que vos règles habituelles, consultez en urgence et prévenez votre médecin.
- Examen histologique : la pièce de conisation est analysée de manière très minutieuse par le laboratoire d’anatomopathologie. Le résultat de cet examen histologique vous sera communiqué par votre médecin et expliqué, en particulier lors de la consultation postopératoire.
- Consultation de contrôle : une visite postopératoire est indispensable. Elle permet de vérifier la bonne cicatrisation du col, de discuter des résultats de l’analyse et d’organiser la surveillance ultérieure (frottis, colposcopie si besoin).
En résumé
La conisation du col de l’utérus est un geste chirurgical fréquent en gynécologie, indiqué principalement en cas de lésions précancéreuses du col. Elle permet à la fois de confirmer le diagnostic et de traiter la zone anormale, réduisant fortement le risque de cancer du col de l’utérus.
Les complications sont rares mais doivent être connues, en particulier le risque de saignement et, à plus long terme, le risque de rétrécissement du col. Une information complète, le respect des recommandations postopératoires et la consultation de contrôle sont essentiels pour assurer une prise en charge optimale.

