Sécheresse vaginale : un symptôme fréquent mais trop souvent banalisé
La sécheresse vaginale n’est pas une fatalité liée à l’âge. Elle correspond le plus souvent au syndrome génito-urinaire de la ménopause (GSM), qui regroupe sécheresse, brûlures, démangeaisons, gêne ou douleurs lors des rapports, parfois troubles urinaires.
Les études montrent que ce syndrome touche environ 27 à 84 % des femmes après la ménopause, selon l’âge, les critères retenus et les populations étudiées, avec un impact majeur sur la vie intime et la qualité de vie. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) Une méta‑analyse publiée en 2025 estime que la sécheresse atteint en moyenne près de 47 % des femmes ménopausées. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
Pourtant, beaucoup de patientes n’osent pas en parler. Le rôle du gynécologue est d’ouvrir le dialogue, d’expliquer les différentes options de prise en charge et d’orienter, si besoin, vers des approches plus innovantes comme le laser CO₂ fractionné de type MonaLisa Touch.
Comprendre la sécheresse vaginale et le syndrome génito-urinaire de la ménopause
Que se passe-t-il au niveau de la muqueuse vaginale ?
Avec la diminution des estrogènes (ménopause naturelle, ovariectomie, traitements anticancéreux…), la muqueuse vaginale devient :
- Plus fine et plus fragile (atrophie vaginale)
- Moins lubrifiée, avec une baisse des sécrétions
- Moins élastique, ce qui favorise micro‑fissures et douleurs
- Plus alcaline (pH qui augmente), modifiant le microbiote vaginal
Ces modifications expliquent la sécheresse mais aussi les brûlures, démangeaisons, sensations de tiraillement et, chez certaines femmes, des infections urinaires à répétition.
Des conséquences au‑delà de la vie intime
La sécheresse vaginale peut avoir un retentissement très large :
- Douleurs lors des rapports (dyspareunie), pouvant conduire à un évitement de la sexualité
- Altération de l’image de soi, baisse de désir, troubles de la confiance en soi
- Gêne quotidienne au repos (picotements, irritations à la marche ou en position assise)
- Symptômes urinaires associés (urgence, brûlures, infections récidivantes)
Plusieurs études longitudinales montrent que, sans traitement, les symptômes ont tendance à persister et à s’aggraver au fil des années. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) D’où l’importance d’une prise en charge précoce, individualisée.
Quels sont les traitements classiques de la sécheresse vaginale ?
Mesures locales non hormonales
En première intention, on propose généralement des solutions locales simples :
- Lubrifiants (à base d’eau ou de silicone) à utiliser lors des rapports
- Hydratants vaginaux à usage régulier (2 à 3 fois par semaine) pour améliorer l’hydratation de fond
- Conseils sur l’hygiène intime (éviter les produits agressifs, les douches vaginales, privilégier des soins doux)
Ces mesures suffisent pour certaines femmes, mais restent parfois insuffisantes en cas de symptômes modérés à sévères.
Traitements hormonaux locaux et systémiques
Selon les recommandations de la North American Menopause Society (NAMS), les options médicamenteuses incluent : (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
- Estrogènes locaux (crème, comprimés, anneau vaginal à faible dose)
- DHEA vaginale (prastérone), disponible dans certains pays
- Ospémifène, modulateur sélectif des récepteurs aux estrogènes (voie orale)
- Traitement hormonal systémique (THM), lorsque d’autres symptômes ménopausiques importants coexistent
Ces traitements sont globalement efficaces, mais ne conviennent pas à toutes les patientes (contre‑indications, réticence vis‑à‑vis des hormones, effets indésirables, échec ou résultat jugé insuffisant).
Pourquoi s’intéresser au laser vaginal ?
Chez certaines femmes, malgré un traitement bien conduit, les symptômes persistent. D’autres ne peuvent, ou ne souhaitent pas, recourir à des hormones (par exemple après certains cancers hormonodépendants, selon l’avis de l’oncologue). Dans ce contexte, les lasers CO₂ fractionnés de type MonaLisa Touch sont apparus comme une option non hormonale potentielle pour améliorer la trophicité de la muqueuse vaginale.
MonaLisa Touch : de quoi s’agit-il exactement ?
Principe du laser CO₂ fractionné vaginal
MonaLisa Touch est un dispositif médical de laser CO₂ micro‑ablatif fractionné. Par une sonde introduite doucement dans le vagin, le laser délivre des impacts précis et contrôlés sur la muqueuse, créant de micro‑zones de stimulation entourées de tissus sains.
L’objectif n’est pas de « brûler » la muqueuse, mais de déclencher un processus de réparation tissulaire avec :
- Augmentation de la production de collagène et d’élastine
- Épaississement de l’épithélium vaginal
- Amélioration de la vascularisation locale
- Normalisation progressive du pH vaginal et du microbiote
Plusieurs études cliniques ont montré, à court terme (12 semaines à 12 mois), une amélioration du score d’atrophie vaginale, de la sécheresse, des douleurs lors des rapports et parfois de la fonction sexuelle. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
Comment se déroule une séance type ?
En pratique, une séance de type MonaLisa Touch suit généralement les étapes suivantes :
- Consultation préalable : interrogatoire détaillé, examen gynécologique, évaluation des contre‑indications, explication du protocole
- Installation en position gynécologique ; la sonde est introduite délicatement
- Application du laser sur toute la circonférence vaginale, par mouvements progressifs de retrait de la sonde
- La séance dure en général quelques minutes ; l’inconfort est souvent décrit comme modéré et transitoire
- Reprise de la vie quotidienne possible immédiatement, avec parfois des recommandations d’abstinence sexuelle de quelques jours
Les protocoles publiés reposent le plus souvent sur 3 séances espacées de 4 à 6 semaines, puis éventuellement des séances d’entretien selon l’évolution des symptômes. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
MonaLisa Touch et autres options : tableau comparatif
| Option thérapeutique | Type de traitement | Avantages principaux | Limites / points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Lubrifiants / hydratants | Non hormonal, local | Accessible, peu coûteux, sans effet systémique | Action surtout symptomatique, nécessite des applications régulières |
| Estrogènes vaginaux | Hormonal, local | Traitement de référence pour GSM modéré à sévère, efficacité démontrée | Contre‑indications possibles, craintes de certaines patientes, surveillance nécessaire |
| DHEA vaginale / ospémifène | Hormonomodulateurs | Alternatives lorsque les estrogènes ne sont pas souhaités | Disponibilité variable selon les pays, données de long terme encore limitées |
| THM systémique | Hormonal, général | Agit sur bouffées de chaleur et autres symptômes ménopausiques | Ne se justifie pas pour une sécheresse isolée, bilan bénéfice/risque à évaluer |
| MonaLisa Touch (laser CO₂) | Non hormonal, local | Amélioration des symptômes observée dans plusieurs études, intérêt chez certaines patientes réfractaires ou non candidates aux hormones | Coût, absence de prise en charge, données de long terme limitées, avertissements des autorités (FDA) sur les risques et le manque de preuves robustes |
Que disent les études sur MonaLisa Touch ?
Résultats prometteurs… mais surtout vs l’état initial
Des études prospectives, souvent avec un effectif modeste, ont montré que le laser CO₂ fractionné (dont MonaLisa Touch) permettait :
- Une diminution significative de la sécheresse, des brûlures et des douleurs à 12 semaines (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
- Une amélioration de la fonction sexuelle (scores FSFI) chez des femmes ménopausées souffrant d’atrophie vulvo‑vaginale. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
- Une satisfaction globale élevée (jusqu’à 94 % de patientes satisfaites dans certains travaux à 12 mois). (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
Ces études comparent en général l’état des patientes avant et après laser, sans groupe témoin placebo ou sans mettre en regard l’effet d’autres traitements (lubrifiants, estrogènes locaux, etc.).
Les essais randomisés contrôlés : des résultats plus nuancés
Lorsque l’on compare le laser à un traitement de référence ou à un traitement « fictif » (sham), les résultats sont moins tranchés. Un essai randomisé publié dans le JAMA en 2021 n’a pas retrouvé de différence significative sur la sévérité des symptômes vaginaux entre laser fractionné et traitement factice, bien que les deux groupes se soient améliorés par rapport à l’inclusion. (jamanetwork.com)
Parallèlement, le position paper 2020 de la NAMS souligne qu’il existe encore trop peu d’essais contrôlés et que les données de sécurité à long terme sont insuffisantes pour recommander les lasers ou autres dispositifs à énergie dans le traitement de routine du GSM. (journals.lww.com)
Prise de position des autorités de santé
En 2018, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a émis une alerte sur les dispositifs d’« energy-based devices » utilisés pour la « vaginal rejuvenation », incluant notamment MonaLisa Touch, en raison de cas rapportés de brûlures, cicatrices et douleurs chroniques, et d’un manque de preuves scientifiques robustes pour ces indications (sécheresse vaginale, troubles sexuels, incontinence). (washingtonpost.com)
La FDA insiste sur la nécessité d’une information claire des patientes sur le caractère encore en cours d’évaluation de ces dispositifs pour le traitement du GSM. De grandes sociétés savantes, comme la NAMS et l’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG), convergent vers une attitude prudente, réservant ces traitements à des situations soigneusement sélectionnées, idéalement dans un cadre d’étude clinique. (journals.lww.com)
Pour quelles patientes le laser vaginal peut-il être envisagé ?
Profils potentiellement concernés
Sans se substituer à une consultation individuelle, la littérature décrit plusieurs situations où le recours à un laser CO₂ fractionné pourrait être discuté :
- GSM modéré à sévère avec sécheresse et dyspareunie invalidantes
- Échec ou intolérance des traitements conventionnels bien conduits
- Refus persistant des traitements hormonaux après information claire
- Certaines patientes avec antécédent de cancer du sein, sous réserve de l’avis de l’oncologue et en l’absence d’alternative satisfaisante, des études spécifiques suggérant une amélioration des symptômes dans ce contexte. (monalisatouch.com)
La décision reste toutefois strictement personnalisée, au cas par cas, en pesant soigneusement bénéfices attendus, incertitudes scientifiques, coût et alternatives disponibles.
Situations où la prudence s’impose
Le laser vaginal n’est généralement pas indiqué (ou doit être différé) en cas de :
- Infection vaginale ou pelvienne en cours
- Lésion suspecte du col, du vagin ou de la vulve non explorée
- Grossesse (même si elle est rare dans la tranche d’âge concernée)
- Trouble important de la cicatrisation, pathologie générale non équilibrée
Ces éléments doivent être évalués par le gynécologue au cours d’un bilan clinique complet et, si besoin, d’examens complémentaires avant de proposer un traitement de type MonaLisa Touch.
Effets secondaires, risques et précautions
Effets secondaires fréquents, le plus souvent transitoires
Dans les études cliniques, les effets indésirables rapportés après laser CO₂ vaginal sont le plus souvent :
- Picotements, sensation de chaleur pendant ou juste après la séance
- Petites pertes rosées ou brunâtres quelques jours
- Léger œdème ou inconfort vulvo‑vaginal transitoire
Ces manifestations régressent habituellement spontanément en quelques jours. Les complications graves semblent rares dans les études publiées, mais les effectifs restent limités et les suivis souvent inférieurs à 12 mois. (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
Risques potentiels et avertissements des autorités
Les alertes de la FDA et d’autres agences de régulation rappellent toutefois l’existence de cas de brûlures sévères, de cicatrices, de dyspareunie aggravée et de douleurs chroniques après traitements par dispositifs à énergie pour le vagin. (washingtonpost.com)
Cela souligne la nécessité que ce type de prise en charge soit :
- Réalisé par un médecin formé, dans un cadre rigoureux
- Proposé uniquement après une évaluation complète des indications et contre‑indications
- Fait l’objet d’une information loyale et nuancée sur le niveau actuel de preuve scientifique
Le rôle du gynécologue : écouter, expliquer, personnaliser
Une prise en charge globale de la santé intime
La sécheresse vaginale ne se résume pas à un problème local : elle s’inscrit dans l’histoire gynécologique, hormonale, médicale et personnelle de chaque femme. Un gynécologue expérimenté comme le Dr Olivier Kadoch, installé à Paris et Neuilly‑sur‑Seine, s’attache à :
- Comprendre le contexte général (ménopause naturelle ou induite, traitements en cours, antécédents)
- Évaluer l’ensemble des symptômes associés (douleurs, troubles urinaires, impact psychosexuel)
- Proposer les options thérapeutiques validées et adaptées à votre situation
- Discuter, si pertinent, de l’intérêt éventuel de solutions innovantes comme les lasers vaginaux, en précisant clairement leurs bénéfices et limites actuelles
Vous pouvez découvrir la philosophie de prise en charge globale de la santé de la femme du Dr Kadoch sur le site docteurkadoch.com.
Information éclairée et décision partagée
Face à un traitement comme MonaLisa Touch, l’objectif n’est pas de « vendre » une solution miracle, mais de co‑construire une décision avec la patiente :
- En expliquant les traitements de référence et ce que l’on sait de leur efficacité
- En présentant les données disponibles sur le laser (études, recommandations, mises en garde)
- En tenant compte des valeurs, attentes et priorités de la patiente
- En laissant un temps de réflexion suffisant avant toute procédure invasive
FAQ : sécheresse vaginale et traitement MonaLisa Touch
Le traitement MonaLisa Touch est-il plus efficace que les ovules d’estrogènes vaginaux ?
Les comparaisons directes sont limitées. Certaines études non randomisées suggèrent une amélioration nette des symptômes avec le laser CO₂ fractionné, mais elles comparent surtout l’état avant/après sans groupe de contrôle solide. Des essais plus récents, dont un essai randomisé, n’ont pas montré de supériorité claire du laser par rapport à un traitement factice, alors que les estrogènes vaginaux ont une efficacité bien démontrée et sont considérés comme le traitement de référence du GSM modéré à sévère dans les recommandations internationales. (jamanetwork.com)
Combien de séances de MonaLisa Touch sont généralement nécessaires ?
Les protocoles publiés reposent le plus souvent sur trois séances de laser, espacées de 4 à 6 semaines, réalisées en consultation. Chaque séance dure quelques minutes. Certaines équipes proposent ensuite des séances d’entretien (par exemple tous les 12 à 18 mois), mais le nombre et la fréquence optimaux ne sont pas encore clairement établis, faute d’études à long terme et de comparaison avec d’autres stratégies (poursuite d’hydratants vaginaux, reprise d’un traitement hormonal local, etc.). (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov)
Le laser vaginal est-il recommandé si j’ai eu un cancer du sein ?
La situation des femmes ayant eu un cancer hormonodépendant est complexe. Certaines études rétrospectives ou de petite taille ont évalué le laser CO₂ chez des patientes traitées pour cancer du sein avec succès symptomatique, mais sans recul suffisant. (monalisatouch.com) À ce jour, les grandes sociétés savantes ne recommandent pas le laser vaginal comme traitement standard du GSM dans ce contexte, en raison du manque de données robustes. Toute décision doit être prise en concertation étroite entre la patiente, son oncologue et son gynécologue, après épuisement des options non hormonales validées.
Quels sont les risques concrets d’un traitement MonaLisa Touch ?
Les études cliniques rapportent surtout des effets secondaires transitoires (inconfort, brûlures légères, pertes rosées). (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) Cependant, les autorités de santé comme la FDA ont recensé des cas plus graves : brûlures profondes, cicatrices, douleurs persistantes, dyspareunie aggravée. (washingtonpost.com) Ces événements semblent rares mais rappellent que le laser vaginal reste une procédure invasive. D’où l’importance d’une bonne sélection des indications, du choix d’un praticien formé et d’une information très claire avant de décider.
Le traitement MonaLisa Touch est-il pris en charge par l’Assurance Maladie ?
À l’heure actuelle, les traitements par laser CO₂ vaginal pour sécheresse ou GSM sont le plus souvent considérés comme des actes hors nomenclature, donc non remboursés par l’Assurance Maladie en France. Les coûts peuvent varier selon les structures, le nombre de séances et les forfaits proposés. Avant d’envisager un tel traitement, il est important d’avoir une discussion transparente sur le coût global, de vérifier l’absence d’alternative remboursée mieux documentée dans votre cas, et d’évaluer soigneusement le bénéfice attendu par rapport à l’investissement.
Et maintenant : comment avancer si vous souffrez de sécheresse vaginale ?
Si vous êtes gênée par une sécheresse vaginale, des douleurs lors des rapports ou des symptômes urinaires associés, la première étape est de consulter un gynécologue pour faire le point. Un spécialiste expérimenté pourra :
- Établir un diagnostic précis (GSM, autre cause de dyspareunie, pathologie locale…)
- Vous proposer une stratégie progressive, du plus simple au plus spécialisé
- Discuter, si pertinent dans votre situation, de l’intérêt éventuel d’un traitement par laser vaginal, en expliquant clairement ce que l’on peut en attendre aujourd’hui
Pour en savoir plus sur la prise en charge globale de la santé gynécologique et les possibilités de consultation, vous pouvez visiter le site du Dr Olivier Kadoch : https://docteurkadoch.com/. Une discussion personnalisée avec un professionnel reste la meilleure façon de choisir, en toute sécurité, les solutions les plus adaptées à votre histoire et à vos attentes.


