La puberté chez la jeune fille : développement normal et retard pubertaire

La puberté correspond à la période de transformation durant laquelle le corps de la jeune fille devient capable de se reproduire. Elle débute en moyenne autour de 9–10 ans et s’accompagne de changements génitaux, corporels et psychiques importants.

Les grands changements de la puberté

Changements génitaux

Sur le plan génital, la puberté se traduit par la mise en route de la fonction ovarienne et l’installation progressive des caractères sexuels secondaires :

  • développement des seins (thélarche) ;
  • apparition de la pilosité pubienne et axillaire ;
  • modification de la vulve et du vagin sous l’influence des hormones sexuelles ;
  • survenue secondaire des premières règles (ménarche).

Changements corporels

Le corps se transforme de manière rapide et visible :

  • poussée de croissance staturale (augmentation rapide de la taille) ;
  • modification des formes du corps (hanches plus marquées, répartition différente de la masse graisseuse) ;
  • évolution des proportions entre le tronc et les membres.

Changements psychiques et comportementaux

La puberté est également une période de remaniement psychologique :

  • recherche d’autonomie, affirmation de soi ;
  • hypersensibilité émotionnelle, variations d’humeur ;
  • modification des relations familiales et amicales.

Ces changements sont physiologiques, mais peuvent être source d’inquiétude pour l’adolescente et son entourage. Un accompagnement et un dialogue avec le médecin peuvent être utiles.

Comment évaluer le développement pubertaire ?

L’échelle de Tanner

L’outil de référence pour apprécier la progression de la puberté est l’échelle de Tanner. Elle décrit plusieurs stades de développement :

  • développement mammaire (stades S1 à S5) ;
  • développement de la pilosité pubienne (stades P1 à P5).

Cette classification, basée sur l’examen clinique, permet de situer la jeune fille par rapport aux étapes habituelles de la puberté.

Examens complémentaires

En cas de doute sur un retard pubertaire ou une anomalie de développement, d’autres examens peuvent être demandés :

  • radiographie de la main et du poignet pour évaluer l’âge osseux ;
  • échographie pelvienne pour apprécier la taille de l’utérus et des ovaires ;
  • bilan biologique hormonal (dosages hormonaux) pour analyser le fonctionnement de l’axe hypothalamo–hypophyso–ovarien.

Qu’est-ce qu’un retard pubertaire ?

Le retard pubertaire est défini de manière statistique. On parle de retard lorsque les premiers signes de puberté ne sont pas apparus environ deux ans après l’âge habituel attendu (par exemple, absence de développement mammaire alors que les camarades du même âge ont déjà débuté leur puberté).

Cette situation justifie une consultation spécialisée en gynécologie ou endocrinologie pédiatrique afin d’en rechercher la cause et de proposer une prise en charge adaptée.

Le test aux gonadostimulines (test au LHRH)

Le principal examen biologique d’orientation est le test de stimulation aux gonadostimulines, aussi appelé test au LHRH (ou GnRH). Il consiste à administrer une hormone qui stimule l’hypophyse, puis à mesurer la réponse en hormones gonadotropes (LH et FSH).

Réponse élevée à la stimulation

Une réponse exagérée (taux de LH/FSH très élevés) traduit un défaut de fonctionnement des gonades (ovaires) alors que l’hypophyse répond normalement. Parmi les causes possibles :

  • syndrome de Turner, qui nécessite la réalisation d’un caryotype pour confirmer le diagnostic ;
  • dysgénésie gonadique (anomalie de développement des ovaires) ;
  • certains syndromes polymalformatifs associés à une atteinte gonadique.

Réponse basse ou absente à la stimulation

Lorsque la réponse au test est faible ou nulle, plusieurs situations sont possibles :

  • retard simple de puberté : la puberté finit par s’installer mais plus tardivement. On observe alors une cohérence entre l’âge osseux, la taille (âge statural) et le niveau de développement pubertaire ;
  • insuffisance gonadotrope (défaut de sécrétion d’hormones gonadotropes par l’hypophyse) : dans ce cas, l’examen clinique et les examens complémentaires (imagerie, bilans hormonaux plus complets) permettent de rechercher une cause précise.

Prise en charge du retard pubertaire

Substitution hormonale

En cas d’insuffisance gonadotrope avérée ou de retard pubertaire important avec retentissement, le médecin peut proposer un traitement hormonal substitutif. Chez la jeune fille, il s’agit le plus souvent de traitements oestroprogestatifs, introduits de manière progressive pour :

  • déclencher le développement des caractères sexuels secondaires ;
  • favoriser la croissance harmonieuse de l’utérus et de la muqueuse endométriale ;
  • permettre, à terme, la survenue des règles.

Recherche de maladies associées

Parfois, le retard pubertaire est la conséquence d’un contexte médical général. Certaines maladies chroniques peuvent freiner ou perturber la croissance et la puberté :

  • anorexie mentale ou troubles graves du comportement alimentaire ;
  • antécédents de maladie grave infantile ou de pathologie chronique lourde ;
  • hypothyroïdie ;
  • maladie cœliaque (intolérance au gluten non diagnostiquée ou mal équilibrée) ;
  • autres affections inflammatoires ou métaboliques au long cours.

Le traitement de ces pathologies de fond, associé à une prise en charge nutritionnelle et hormonale adaptée, permet souvent une reprise progressive de la croissance et du développement pubertaire.

Quand consulter ?

Il est conseillé de consulter un médecin (pédiatre, médecin généraliste, gynécologue) si :

  • aucun signe de puberté n’apparaît chez une jeune fille alors que ses camarades ont déjà débuté leur développement ;
  • la croissance semble ralentie ou s’arrête précocement ;
  • il existe une inquiétude des parents ou de l’adolescente concernant le développement corporel ou l’absence de règles.

Une évaluation précoce permet de rassurer lorsque la situation est normale, ou de mettre en place sans délai les examens et traitements nécessaires en cas de véritable retard pubertaire.