Qu’est-ce que la nymphoplastie de réduction ?
La nymphoplastie de réduction est une intervention chirurgicale qui vise à diminuer le volume des petites lèvres (lèvres minores) lorsqu’elles sont jugées trop longues, épaisses ou pendantes. On parle alors d’hypertrophie des petites lèvres.
Cette anomalie anatomique est bénigne mais peut entraîner :
- un gêne esthétique (aspect jugé inesthétique, complexe important) ;
- un inconfort au quotidien, notamment avec certains vêtements serrés (irritations, frottements) ;
- un gêne lors de la pratique sportive (vélo, équitation, course…) ;
- des douleurs ou gênes pendant les rapports sexuels, par « rentrement » du tissu dans le vagin ou conflits de contact.
Des études portant sur des femmes opérées de nymphoplastie montrent que la principale motivation est l’aspect inesthétique, suivie par l’inconfort dans l’habillement, les activités sportives et la vie sexuelle.
La nymphoplastie permet de réduire l’excès de tissu tout en respectant la sensibilité vulvaire et en recherchant un résultat naturel et harmonieux.
Comment se déroule l’intervention de nymphoplastie ?
Type d’anesthésie et hospitalisation
La nymphoplastie de réduction est habituellement réalisée :
- en ambulatoire : entrée le matin et sortie le jour même ;
- sous anesthésie générale courte ;
- avec en complément une anesthésie locale de la zone opérée pour diminuer les douleurs post‑opératoires immédiates.
Technique opératoire
La patiente est installée en position gynécologique. Le chirurgien :
- met en tension l’excès de petites lèvres pour en apprécier précisément la quantité à retirer ;
- réalise la résection de l’excédent de tissu selon une technique adaptée à l’anatomie (réduction longitudinale ou en coin, par exemple) ;
- pratique une hémostase rigoureuse (contrôle minutieux des petits vaisseaux) afin de limiter le risque d’hématome ou de saignement ;
- suture avec un fil résorbable utilisé en chirurgie réparatrice, qui se dissout progressivement sans nécessité de retrait.
La durée d’hospitalisation se limite généralement à la journée, avec retour au domicile le soir.
Suites opératoires et convalescence
Les suites de nymphoplastie sont en règle générale modérément douloureuses. Il est fréquent de ressentir :
- une gêne à la marche les premiers jours ;
- un œdème (gonflement) et parfois des ecchymoses (bleus) au niveau vulvaire.
Les douleurs sont le plus souvent bien contrôlées par les antalgiques simples prescrits. Elles tendent à diminuer nettement à partir du 10e jour.
Hygiène et soins locaux
Pour favoriser une bonne cicatrisation et limiter le risque d’infection ou de macération, il est recommandé :
- de prendre une toilette intime quotidienne douce (souvent 1 à 2 fois par jour, selon les consignes) ;
- de bien sécher la zone opérée après la douche et après chaque passage aux toilettes, idéalement avec un sèche‑cheveux en position air tiède, afin d’éviter la macération ;
- de porter des sous‑vêtements en coton et amples ;
- de privilégier les jupes ou vêtements larges plutôt que les pantalons serrés dans les premiers jours.
Les fils de suture sont résorbables et disparaissent spontanément. Aucun retrait de points n’est en principe nécessaire.
Reprise des activités et rapports sexuels
- La marche est possible dès la sortie, mais doit rester limitée les premiers jours en fonction de la douleur.
- Les activités professionnelles et sportives sont reprises progressivement, selon le type d’activité et l’évolution de la cicatrisation.
- Les rapports sexuels sont déconseillés tant que la zone reste douloureuse. Ils sont en général repris progressivement, de manière confortable, autour d’un mois et demi après l’intervention, une fois la cicatrisation satisfaisante.
Complications possibles de la nymphoplastie
Comme toute chirurgie, la nymphoplastie comporte des risques, même s’ils restent globalement peu fréquents lorsque l’intervention est pratiquée par un chirurgien expérimenté et que les consignes post‑opératoires sont respectées.
Hématome et saignement
Un hématome (collection de sang sous la peau) ou un saignement post‑opératoire peuvent survenir, mais restent rares. Ils sont généralement prévenus par une hémostase soigneuse des petits vaisseaux, notamment de la petite artère située au sommet de la lèvre.
Désunion de la cicatrice
La désunion correspond à une réouverture partielle ou complète de la cicatrice. Cette complication est favorisée par la macération et les frottements dans une zone naturellement humide.
La prévention repose sur :
- une suture en plusieurs plans ;
- le respect strict des consignes d’hygiène et de séchage ;
- le port de vêtements amples limitant les frottements.
En cas de désunion, la cicatrisation peut être plus longue, nécessitant parfois plusieurs semaines. Une réintervention pour reprise de suture peut s’avérer nécessaire. Cette complication reste peu fréquente mais non exceptionnelle.
Infection locale
Une infection de la cicatrice peut survenir, avec douleur accrue, rougeur, écoulement. Elle est en général bien prévenue par :
- une hygiène intime rigoureuse ;
- des soins locaux quotidiens selon la prescription ;
- l’éviction des produits irritants et des vêtements trop serrés.
Le cas échéant, un traitement local et/ou antibiotique permet habituellement une évolution favorable.
Problèmes de cicatrisation et résultat esthétique
Des troubles de cicatrisation (retard de cicatrisation, cicatrice irrégulière ou inesthétique) sont possibles mais restent rares. Une retouche chirurgicale peut parfois être proposée à distance si le résultat esthétique ou fonctionnel est jugé insuffisant.
En résumé
La nymphoplastie de réduction est une intervention de chirurgie intime destinée à corriger l’hypertrophie des petites lèvres lorsqu’elle entraîne une gêne esthétique, fonctionnelle ou sexuelle. Réalisée en ambulatoire sous anesthésie générale courte, elle offre le plus souvent une amélioration nette du confort au quotidien et de la qualité de vie.
Une consultation pré‑opératoire avec votre gynécologue ou chirurgien est indispensable pour :
- analyser vos symptômes et vos attentes ;
- expliquer précisément la technique, les bénéfices attendus et les limites ;
- informer clairement des risques et complications possibles ;
- vérifier l’absence de contre‑indication médicale.
Cette information complète, associée au respect des consignes post‑opératoires, est essentielle pour obtenir un résultat satisfaisant et sécurisé.

