Herpès génital et grossesse : risques, prévention et prise en charge

Comprendre l’herpès génital pendant la grossesse

L’herpès génital est une infection virale due le plus souvent au virus Herpes simplex de type 2 (HSV-2), plus rarement de type 1 (HSV-1). Pendant la grossesse, cette infection nécessite une attention particulière, car elle peut entraîner des complications pour la mère et surtout pour le fœtus et le nouveau-né.

Plusieurs situations cliniques sont possibles au cours de la grossesse :

  • la primo-infection herpétique (premier contact avec le virus) ;
  • les récurrences (poussées d’herpès chez une femme déjà porteuse du virus) ;
  • la forme asymptomatique, où la femme est infectée mais ne présente pas de lésions visibles.

Chaque situation n’expose pas l’enfant au même niveau de risque, d’où l’importance d’un suivi obstétrical adapté.

La primo-infection herpétique chez la femme enceinte

Définition et symptômes

La primo-infection correspond à la première infection par le virus de l’herpès. Elle peut toucher la région buccale ou les organes génitaux. Sur le plan clinique, elle se manifeste typiquement par :

  • l’apparition de petites vésicules groupées ;
  • puis des ulcérations douloureuses ;
  • la formation de croûtes ;
  • et finalement la cicatrisation des lésions.

La primo-infection peut s’accompagner de fièvre, de brûlures, de démangeaisons ou d’une gêne importante en cas d’atteinte génitale.

Risques fœtaux avant 20 semaines d’aménorrhée

Lorsque la primo-infection survient avant 20 semaines d’aménorrhée (SA), le risque principal concerne un retentissement sur le développement du fœtus. Il n’existe pas de traitement curatif du virus, mais une surveillance échographique rapprochée est recommandée, en général à un rythme mensuel.

L’échographie recherchera notamment des signes d’atteinte fœtale tels que :

  • chorioamniotite (infection des membranes) ;
  • microphtalmie (petite taille des globes oculaires) ;
  • microcéphalie (petite taille de la tête) ;
  • retard psychomoteur suspecté par des anomalies de croissance ;
  • hydrocéphalie (dilatation des cavités cérébrales).

Primo-infection après 20 SA : risque d’accouchement prématuré

Lorsque la primo-infection herpétique survient après 20 SA, elle est associée à un risque accru d’accouchement prématuré. Une prise en charge obstétricale adaptée est alors mise en place pour limiter ce risque et protéger au mieux le fœtus.

Risque d’herpès néonatal

L’un des risques majeurs de la primo-infection en fin de grossesse est la transmission du virus au moment de l’accouchement. En l’absence de mesures adaptées, le risque d’herpès néonatal en cas de primo-infection proche du terme est estimé entre 35 et 80 %.

L’herpès néonatal est une forme grave d’infection chez le nouveau-né, pouvant toucher la peau, les yeux, la bouche, mais aussi le système nerveux central et entraîner des complications sévères.

Récurrences herpétiques et grossesse

Différence avec la primo-infection

Chez une femme déjà porteuse du virus, il peut survenir des récurrences (poussées herpétiques périodiques). Dans ce cas, l’organisme a déjà développé des anticorps, ce qui diminue nettement le risque de transmission grave au nouveau-né par rapport à une primo-infection.

Traitement des poussées avant l’accouchement

En cas de poussée herpétique génitale pendant la grossesse, notamment à l’approche du terme, un traitement antiviral est généralement proposé à la mère, le plus souvent à base d’aciclovir (ou d’une molécule équivalente), selon les recommandations en vigueur.

Ce traitement a pour objectif de :

  • réduire l’intensité et la durée des symptômes chez la mère ;
  • diminuer la charge virale ;
  • et ainsi limiter le risque de contamination du nouveau-né au moment de la naissance.

Choix du mode d’accouchement en cas d’herpès génital

Quand la voie basse est contre-indiquée

La voie d’accouchement (voie basse ou césarienne) est décidée en fonction de la situation clinique au moment de la fin de la grossesse.

L’accouchement par voie basse est contre-indiqué dans les situations suivantes :

  • récurrence herpétique génitale datant de moins de 10 jours avant le début du travail ;
  • primo-infection herpétique de moins d’un mois avant la naissance.

Dans ces cas, une césarienne est le plus souvent proposée afin de réduire le risque de transmission du virus à l’enfant lors du passage dans le canal génital.

Conduite à tenir en cas d’antécédent d’herpès génital

Chez une femme ayant des antécédents d’herpès génital mais ne présentant pas de lésions évidentes au moment du travail, une évaluation clinique attentive est indispensable :

  • examen soigneux de la vulve, du vagin et du col utérin à la recherche de vésicules ou d’ulcérations ;
  • réalisation éventuelle de prélèvements virologiques si un doute persiste ;
  • désinfection vaginale avant le début de l’accouchement.

Ces mesures visent à sécuriser au maximum un accouchement par voie basse lorsque celui-ci est envisageable, tout en protégeant le nouveau-né.

Points essentiels à retenir

  • L’herpès génital pendant la grossesse doit toujours être signalé à l’équipe obstétricale.
  • La primo-infection est plus à risque pour le fœtus et le nouveau-né que les récurrences.
  • Une surveillance échographique est recommandée en cas de primo-infection, surtout avant 20 SA.
  • Le risque d’herpès néonatal est important en cas de primo-infection récente en fin de grossesse.
  • Le traitement antiviral (aciclovir) et l’adaptation du mode d’accouchement (éventuelle césarienne) permettent de réduire le risque de transmission au bébé.

En cas de doute sur une lésion génitale ou d’antécédent d’herpès, il est essentiel d’en parler à votre gynécologue ou obstétricien afin d’organiser une prise en charge personnalisée et sécurisée pour vous et votre enfant.