Endométriose : symptômes, diagnostic et traitements

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose correspond à la présence de tissu endométrial (tissu qui tapisse normalement l’intérieur de l’utérus) en dehors de la cavité utérine. Ces fragments d’endomètre peuvent se fixer sur le péritoine, les ovaires, la cloison recto-vaginale ou plus rarement sur d’autres organes de l’abdomen.

Cette maladie gynécologique chronique concerne environ 2 % des femmes, le plus souvent des femmes jeunes, entre 30 et 35 ans. Le tissu endométrial ectopique reste sensible aux hormones : à chaque cycle menstruel, il réagit comme l’endomètre utérin, ce qui explique les douleurs et les saignements internes au moment des règles.

Comment l’endométriose se manifeste-t-elle ?

Signes cliniques et symptômes

L’endométriose peut se présenter de façon très variable selon la localisation et l’étendue des lésions. Certaines femmes sont peu ou pas gênées, tandis que d’autres souffrent de douleurs importantes.

Les principaux symptômes rencontrés sont :

  • Algies pelviennes chroniques : douleurs du bas-ventre, souvent permanentes ou récurrentes.
  • Dysménorrhées : règles très douloureuses, parfois d’apparition secondaire (alors qu’elles ne l’étaient pas auparavant) et volontiers plus marquées en seconde partie de cycle.
  • Infertilité : difficulté à concevoir, fréquemment primaire (absence de grossesse antérieure). L’endométriose peut altérer la fertilité en modifiant l’anatomie pelvienne (adhérences, kystes ovariens) ou la qualité ovocytaire.
  • Dyspareunie profonde : douleurs lors des rapports sexuels, surtout en profondeur.
  • Signes urinaires ou digestifs selon les atteintes locales : douleurs à la miction (dysurie), besoin impérieux ou sensation de brûlure au niveau anal, impression de faux besoins (ténesme).

Examen clinique

Lors de l’examen gynécologique, certains éléments peuvent orienter vers une endométriose :

  • Au spéculum, présence possible de petits nodules bleu violacé au niveau de la jonction col utérin – vagin.
  • Au toucher vaginal, on peut retrouver :
    • un utérus rétroversé (basculé vers l’arrière) et parfois peu mobile ou « fixé » par des adhérences,
    • des nodules douloureux de la cloison recto-vaginale,
    • une masse annexielle évoquant un kyste ovarien d’endométriose (endométriome).

Les examens pour diagnostiquer l’endométriose

Plusieurs examens d’imagerie et parfois un geste chirurgical sont nécessaires pour confirmer le diagnostic, évaluer l’étendue des lésions et guider la prise en charge.

Échographie pelvienne

L’échographie pelvienne, souvent réalisée par voie endovaginale, recherche en particulier :

  • des kystes ovariens d’allure endométriosique (endométriomes),
  • des anomalies de la mobilité des organes pelviens pouvant évoquer des adhérences.

IRM pelvienne

L’IRM pelvienne est l’examen de référence pour cartographier les lésions d’endométriose profonde. Elle permet de repérer avec précision les foyers situés sur les ovaires, le péritoine, la cloison recto-vaginale, la vessie ou d’autres structures du petit bassin.

Cœlioscopie diagnostique

La cœlioscopie (ou laparoscopie) est un examen invasif réalisé au bloc opératoire sous anesthésie générale. Elle consiste à introduire une caméra dans l’abdomen par de petites incisions afin de visualiser directement les lésions d’endométriose, qui se présentent souvent sous forme de nodules ou de taches bleuâtres ou brunâtres.

La cœlioscopie permet :

  • de confirmer le diagnostic,
  • de réaliser un inventaire précis des localisations,
  • et, dans le même temps opératoire, de traiter une partie des lésions (coagulation, exérèse, libération d’adhérences).

Traitements de l’endométriose

La prise en charge vise principalement à :

  • réduire les douleurs pelviennes et les symptômes associés,
  • limiter la progression des lésions endométriosiques,
  • préserver ou améliorer la fertilité lorsque c’est un projet pour la patiente.

Traitements hormonaux

Le principe des traitements médicaux est de mettre l’endomètre (utérin et ectopique) au repos en bloquant la stimulation hormonale ovarienne. On parle d’antigonadotropes.

  • Progestatifs : pris en continu, ils induisent une atrophie de l’endomètre et diminuent les douleurs menstruelles. Ils représentent souvent le traitement de première intention.
  • Agonistes de la LH-RH : ces médicaments créent un état de ménopause artificielle réversible, entraînant une régression des implants endométriosiques. Leur utilisation est généralement limitée dans le temps en raison des effets secondaires (bouffées de chaleur, perte osseuse…).

Le choix du traitement dépend de l’âge de la patiente, de l’intensité des symptômes, du desiderata de grossesse et des contre-indications éventuelles.

Traitement chirurgical

Lorsque les douleurs persistent malgré le traitement médical, en cas de kystes ovariens d’endométriose volumineux, d’atteinte profonde invalidante ou de projet de grossesse complexe, une prise en charge chirurgicale peut être proposée.

La chirurgie, le plus souvent réalisée par cœlioscopie, a pour objectifs :

  • de retirer autant que possible les foyers d’endométriose (exérèse des lésions),
  • de traiter les kystes endométriosiques,
  • de libérer les organes pris dans des adhérences pour restaurer une anatomie pelvienne la plus proche possible de la normale.

La décision opératoire se discute au cas par cas, idéalement dans un centre ou une équipe habituée à la prise en charge de l’endométriose, en tenant compte des bénéfices attendus et des risques potentiels, notamment sur la réserve ovarienne.

Vivre avec une endométriose

L’endométriose est une maladie chronique qui peut avoir un retentissement important sur la qualité de vie, la sexualité et le projet de maternité. Un suivi régulier par un gynécologue est essentiel pour adapter les traitements au fil du temps.

Un accompagnement pluridisciplinaire (gynécologue, spécialiste de la douleur, psychologue, endocrinologue, spécialiste de la fertilité, kinésithérapeute…) peut être utile pour mieux contrôler les symptômes et aider à gérer l’impact de la maladie au quotidien.