Qu’est-ce qu’un bilan urodynamique ?
Le bilan urodynamique est un examen spécialisé qui permet d’analyser précisément le fonctionnement de la vessie et du sphincter de l’urètre. Il est utilisé dans l’évaluation des troubles urinaires, en particulier les fuites urinaires, les troubles de la miction, les envies fréquentes ou urgentes d’uriner.
Il s’agit d’un examen non douloureux, d’une durée moyenne de 30 à 45 minutes, qui ne nécessite ni anesthésie ni hospitalisation. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.
Préparation avant le bilan urodynamique
Pour que l’exploration soit fiable, quelques précautions sont à respecter :
- Il vous sera demandé de vous présenter à l’examen avec une envie normale d’uriner, sans vessie complètement vide ni trop pleine.
- Pensez à apporter la liste de vos traitements habituels, en particulier ceux pris pour vos troubles urinaires, ainsi que les résultats d’éventuels bilans urodynamiques antérieurs.
- Les médicaments prescrits pour traiter les fuites urinaires (anticholinergiques, etc.) doivent en général être interrompus au moins 15 jours avant l’examen, sauf avis contraire de votre médecin.
Objectifs du bilan urodynamique
Le but principal du bilan urodynamique est de comprendre le mécanisme de vos troubles urinaires. L’examen permet notamment de :
- mesurer votre façon d’uriner (débit, puissance du jet, durée de la miction) ;
- évaluer la sensibilité de la vessie (à quel moment l’envie d’uriner apparaît) ;
- apprécier la capacité vésicale, c’est-à-dire le volume d’urine que la vessie peut contenir ;
- analyser la capacité à se retenir et la présence ou non de contractions anormales de la vessie ;
- mesurer l’efficacité du sphincter urétral (muscle qui permet de rester continent).
Ces informations sont essentielles pour proposer un traitement adapté (rééducation périnéale, médicaments, chirurgie, etc.).
Déroulement du bilan urodynamique
1. Entretien médical et examen clinique
L’examen commence par un entretien détaillé au cours duquel vos antécédents médicaux, chirurgicaux et gynécologiques sont revus. Vous serez interrogée sur la nature de vos symptômes : fuites urinaires à l’effort ou à l’urgence, douleurs, difficultés à uriner, infections urinaires répétées, etc.
Cet entretien est suivi d’un examen clinique, idéalement réalisé vessie pleine, afin d’évaluer notamment le périnée, le tonus musculaire et de rechercher une fuite urinaire à la toux ou à l’effort.
2. Les différentes étapes de l’examen urodynamique
Débitmétrie urinaire
La première étape est la débitmétrie. Vous urinez dans un appareil spécifique qui mesure :
- le volume d’urine émis ;
- la puissance du jet urinaire (débit) ;
- le volume d’urine restant dans la vessie après la miction (résidu post-mictionnel), souvent évalué par échographie ou sondage.
Cystomanométrie (étude du remplissage vésical)
La cystomanométrie permet d’analyser la vessie pendant son remplissage et au moment de la miction. Elle étudie :
- la sensibilité de la vessie (première envie, envie pressante) ;
- la capacité maximale de la vessie ;
- les variations de pression à l’intérieur de la vessie pendant le remplissage et lors de l’effort ou de la miction ;
- la présence éventuelle de contractions involontaires du muscle vésical (détrusor).
Mesure de la pression de clôture urétrale (profil urétral)
Le profil de l’urètre, ou mesure de la pression de clôture, évalue le fonctionnement du sphincter urétral, c’est-à-dire sa capacité à maintenir l’urètre fermé et à assurer la continence. On mesure les pressions le long de l’urètre afin d’identifier un éventuel déficit sphinctérien.
Les sondes utilisées pendant l’examen
Pour réaliser un bilan urodynamique complet, il est nécessaire de mettre en place des sondes de très petit calibre :
- Deux sondes urinaires fines, introduites délicatement dans l’urètre, permettent de remplir et de vider la vessie tout en enregistrant les pressions dans la vessie et dans l’urètre.
- Une petite sonde rectale est également positionnée pour mesurer la pression abdominale, ce qui aide à interpréter correctement les variations de pression au niveau de la vessie.
L’introduction de ces sondes peut être ressentie comme un désagrément transitoire, mais ne doit pas être véritablement douloureuse. Le matériel utilisé est stérile et à usage unique, ce qui limite au maximum le risque infectieux.
Interprétation des résultats et compte rendu
À la fin du bilan, les différents enregistrements (courbes de pression, débit urinaire, capacités vésicales) sont analysés. Votre médecin vous explique les mécanismes des troubles urinaires identifiés (vessie hyperactive, incontinence d’effort, déficit sphinctérien, trouble de vidange, etc.).
Les tracés de l’examen vous sont remis sous forme de compte rendu. Un double est systématiquement adressé à votre médecin traitant ou à votre spécialiste référent afin d’intégrer ces données dans la prise en charge globale.
Après le bilan urodynamique
Dans les heures qui suivent l’examen, il est fréquent de ressentir un légère gêne urinaire ou une sensation de brûlure en urinant. Ces symptômes sont en général transitoires.
Quelques conseils après l’examen :
- vous pouvez reprendre immédiatement vos activités habituelles (travail, déplacements, etc.) ;
- il est recommandé de boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour pendant les deux jours suivant le bilan pour bien rincer les voies urinaires ;
- un traitement antibiotique ou antiseptique urinaire peut être prescrit de façon préventive afin de diminuer le risque d’infection urinaire.
En cas de brûlures urinaires persistantes, de fièvre, de frissons ou de douleurs importantes après l’examen, il est important de contacter rapidement votre médecin.

