Qu’est-ce que la fécondation in vitro ?
La fécondation in vitro (FIV) est une technique d’aide médicale à la procréation (AMP) proposée à certains couples confrontés à des difficultés de fertilité.
Elle consiste à provoquer la rencontre entre l’ovocyte et le spermatozoïde en laboratoire, puis à transférer l’embryon dans l’utérus.
L’objectif est de reproduire, de manière médicalement contrôlée, les différentes étapes de la fécondation qui se déroulent habituellement dans les trompes.
Principes généraux d’un traitement de FIV
Un cycle de FIV comporte plusieurs étapes successives :
- stimulation des ovaires pour obtenir plusieurs ovocytes matures ;
- ponction des follicules ovariens et recueil des ovocytes ;
- recueil du sperme et préparation des spermatozoïdes ;
- mise en contact des ovocytes et des spermatozoïdes en laboratoire ;
- culture embryonnaire pendant quelques jours ;
- transfert d’un à deux embryons dans la cavité utérine ;
- surveillance de la phase post-transfert et recherche d’une grossesse.
Stimulation ovarienne : une étape clé
La première étape d’un traitement de FIV est la stimulation ovarienne. Le but est de faire mûrir plusieurs follicules dans les ovaires afin de recueillir plusieurs ovocytes au cours du même cycle, ce qui augmente les chances d’obtenir des embryons.
Cette stimulation se fait par des injections quotidiennes d’hormones (gonadotrophines) sous la peau, selon différents protocoles adaptés à chaque patiente.
Les principaux protocoles de stimulation
Protocole agoniste dit « long »
Dans ce protocole, une première phase vise à mettre les ovaires « au repos » avant de commencer la stimulation :
- le premier jour des règles, une injection d’un agoniste de la GnRH (par exemple Décapeptyl®) est réalisée pour bloquer la production hormonale ovarienne ;
- environ 14 jours plus tard, après vérification du blocage par examen clinique et échographique, débute la stimulation ovarienne proprement dite ;
- la stimulation est effectuée par des injections quotidiennes de gonadotrophines (Gonal‑f®, Puregon®…), afin d’obtenir la croissance simultanée de plusieurs follicules.
Protocole antagoniste
Dans le protocole antagoniste, il n’y a pas de phase de blocage préalable :
- la stimulation commence généralement le 2e jour des règles par des injections sous-cutanées de gonadotrophines (Gonal‑f® ou Puregon®) ;
- lorsque les follicules atteignent une taille suffisante à l’échographie, on ajoute un antagoniste de la GnRH pour éviter une ovulation spontanée prématurée ;
- le développement folliculaire est surveillé par prises de sang hormonales et échographies pelviennes régulières.
Déclenchement de l’ovulation
Une fois un nombre suffisant de follicules arrivés à maturité, l’ovulation est déclenchée de façon artificielle pour programmer la ponction ovocytaire au moment optimal.
Ce déclenchement se fait par une injection sous-cutanée d’une hormone mimant le pic de LH, le plus souvent Ovitrelle®.
La ponction des ovocytes a lieu classiquement 36 heures après cette injection.
Ponction des ovocytes
Le recueil des ovocytes est réalisé au bloc opératoire :
- une aiguille est introduite à travers la paroi vaginale sous contrôle échographique ;
- les follicules ovariens sont aspirés un par un, ce qui permet de recueillir le liquide folliculaire ;
- les ovocytes sont ensuite isolés au laboratoire grâce à un microscope et placés dans un milieu de culture adapté.
La ponction est un geste rapide, effectué sous anesthésie (locale ou générale légère selon les centres), et la patiente peut généralement rentrer chez elle le jour même.
Recueil et préparation du sperme
Le même jour que la ponction ovocytaire, le sperme est recueilli, en général par masturbation, après une période d’abstinence d’éjaculation de 2 à 6 jours.
Au laboratoire, le sperme est préparé afin de sélectionner les spermatozoïdes les plus mobiles et de meilleure qualité, qui seront ensuite mis en contact avec les ovocytes.
Fécondation en laboratoire et développement embryonnaire
Les ovocytes sont placés dans des boîtes de culture contenant un milieu nutritif adapté, dans des incubateurs reproduisant les conditions physiologiques.
Les spermatozoïdes préparés sont ajoutés dans ce milieu afin que la fécondation puisse se produire.
Environ 24 heures après la mise en contact des deux gamètes, les biologistes vérifient si la fécondation a eu lieu et évaluent le début de la division cellulaire.
Les embryons obtenus présentent habituellement 2, 4 ou 8 cellules au cours des premiers jours.
Transfert embryonnaire
Entre le 2e et le 5e jour après la fécondation, un ou deux embryons de bonne qualité sont sélectionnés pour être transférés dans l’utérus.
Le transfert embryonnaire se fait au moyen d’un fin cathéter introduit par le col de l’utérus. Le geste est rapide, en général indolore, et ne nécessite pas d’anesthésie.
La plupart du temps, un à deux embryons seulement sont transférés, afin de limiter le risque de grossesse multiple.
Un traitement par progestérone (par exemple Utrogestan®) est très souvent prescrit par voie vaginale après le transfert afin de soutenir la phase lutéale et favoriser l’implantation embryonnaire.
Après le transfert : attente et confirmation de la grossesse
Après le transfert, il n’existe pas de signe spécifique permettant d’affirmer d’emblée le succès ou l’échec de la tentative.
La survenue des règles indique en général que l’implantation n’a pas eu lieu.
En l’absence de règles environ 14 jours après le transfert embryonnaire, une prise de sang est prescrite pour doser l’hormone de grossesse B‑HCG.
Un taux positif permet de confirmer une grossesse débutante. Une échographie sera ensuite programmée pour vérifier la localisation intra‑utérine de la grossesse et le bon développement embryonnaire.
Questions à aborder avec votre médecin
- Indications précises de la FIV dans votre cas (bilan de fertilité, âge, antécédents).
- Choix du protocole de stimulation (agoniste long, antagoniste…) et effets secondaires possibles.
- Nombre d’embryons à transférer et risques de grossesse multiple.
- Prise en charge de la tentative (aspects médicaux, psychologiques et administratifs).
Chaque protocole de FIV est personnalisé. Votre gynécologue et l’équipe de procréation médicalement assistée sont là pour vous expliquer les différentes étapes et répondre à vos interrogations tout au long du parcours.

