Fibrome utérin : symptômes, diagnostic et traitements

Qu’est-ce qu’un fibrome utérin ?

Le fibrome utérin est une tumeur bénigne très fréquente chez la femme en âge de procréer. Il se développe à partir du muscle de la paroi de l’utérus (myomètre) et bénéficie d’une vascularisation souvent importante. Les fibromes sont le plus souvent multiples.

On parle également de myome ou de léiomyome utérin. Il ne s’agit pas d’un cancer.

Quels sont les symptômes du fibrome utérin ?

De nombreuses femmes ne présentent aucun symptôme et découvrent leurs fibromes lors d’un examen de routine. Quand le fibrome est symptomatique, il peut entraîner :

  • Troubles des règles : règles très abondantes (ménorragies), saignements en dehors des menstruations (métrorragies).
  • Troubles urinaires : envies fréquentes d’uriner, gêne ou incontinence urinaire par compression de la vessie.
  • Sensation de pesanteur pelvienne : impression de poids dans le bas-ventre, parfois douleurs pelviennes.

Comment pose-t-on le diagnostic de fibrome utérin ?

Le fibrome utérin est une pathologie fréquente et souvent silencieuse. Il peut être découvert de manière fortuite ou à l’occasion de symptômes. Le diagnostic repose principalement sur :

  • L’examen gynécologique : le toucher vaginal et l’examen au spéculum permettent parfois de repérer un utérus augmenté de volume ou un fibrome accessible au niveau du col.
  • L’échographie pelvienne (par voie abdominale et/ou endovaginale) : c’est l’examen de référence pour visualiser le nombre, la taille et la localisation des fibromes.
  • L’hystéroscopie diagnostique : cet examen consiste à introduire une caméra fine dans la cavité utérine pour analyser la muqueuse (endomètre) et rechercher notamment des fibromes sous-muqueux.

Quelles sont les complications possibles ?

Dans la majorité des cas, les fibromes restent bénins et peu gênants. Toutefois, certaines complications peuvent survenir :

  • Hémorragies génitales importantes, responsables de pertes sanguines prolongées ou répétées.
  • Anémie ferriprive (manque de fer) liée à ces saignements, pouvant entraîner fatigue, essoufflement et pâleur.

Quels sont les traitements du fibrome utérin ?

Un fibrome utérin ne nécessite pas forcément de traitement. La prise en charge est indiquée surtout lorsque les fibromes sont responsables de symptômes (douleurs, saignements, retentissement sur la qualité de vie ou la fertilité).

Traitement médical

En première intention, on propose généralement un traitement médicamenteux hormonal, le plus souvent à base de progestatifs, afin de diminuer les saignements et parfois de réduire le volume des fibromes. D’autres traitements hormonaux peuvent être discutés au cas par cas.

Traitement chirurgical

En cas d’inefficacité du traitement médical, de fibrome volumineux ou de retentissement important, une intervention chirurgicale peut être envisagée. Elle peut être :

  • Conservatrice (on laisse l’utérus en place) :
    • Résection hystéroscopique : ablation d’un fibrome sous-muqueux au cours d’une hystéroscopie opératoire, en passant par les voies naturelles sans ouverture abdominale.
    • Myomectomie : ablation du ou des fibromes en conservant l’utérus, par voie hystéroscopique, cœlioscopique ou parfois par laparotomie (ouverture de l’abdomen), selon le type et la taille des fibromes.
  • Radicale :
    • Hystérectomie : ablation de l’utérus, indiquée dans certains cas sélectionnés (fibromes très volumineux, symptômes majeurs, absence de projet de grossesse, échec des traitements conservateurs).

Évolution des fibromes utérins

Le comportement des fibromes varie d’une femme à l’autre :

  • Stabilité : de nombreux fibromes gardent une taille stable pendant des années.
  • Augmentation de volume : certains fibromes grossissent spontanément, ou sous l’influence hormonale, notamment pendant la grossesse ou lors de certains traitements hormonaux de la ménopause.
  • Transformations du fibrome :
    • Calcification : le fibrome se durcit par dépôt de calcium.
    • Nécrobiose aseptique : diminution de la vascularisation entraînant une souffrance du fibrome (ischémie ou infarctus), souvent douloureuse.
    • Cavitation : transformation kystique avec aspect de cavité liquidienne.
    • Torsion ou expulsion : possible en cas de fibrome pédiculé ou « accouché » par le col utérin.
  • Régression après la ménopause : avec la chute de la production d’œstrogènes, les fibromes ont tendance à diminuer de taille, voire à disparaître.

Il n’existe pas de preuve d’une transformation habituelle du fibrome bénin en tumeur maligne de type fibrosarcome. Cette évolution reste exceptionnelle.

Fibrome utérin et grossesse

Pendant la grossesse, le volume des fibromes peut augmenter sous l’effet hormonal. La plupart des grossesses évoluent néanmoins normalement. Certains risques peuvent cependant être majorés :

  • Douleurs pelviennes à type de contractions utérines ou de douleurs liées à une nécrobiose du fibrome.
  • Fausse couche spontanée ou fausses couches à répétition, selon la localisation et la taille des fibromes.
  • Accouchement prématuré par irritabilité utérine ou diminution de la capacité de la cavité utérine.
  • Obstacle mécanique à l’accouchement lorsque le fibrome est situé sur le segment inférieur ou le col, pouvant gêner le passage du bébé.
  • Anomalies de présentation du fœtus (présentation par le siège, transverse…), liées à une déformation de la cavité utérine.
  • Hémorragie de la délivrance (hémorragie du post-partum) par mauvaise rétraction de l’utérus après la naissance.

La prise en charge d’une femme enceinte porteuse de fibromes doit être individualisée, en lien avec le gynécologue-obstétricien, afin d’anticiper les risques éventuels et d’adapter la surveillance de la grossesse et de l’accouchement.