Définition des dyspareunies
Le terme de dyspareunie désigne des douleurs survenant lors des rapports sexuels. Il s’agit d’un symptôme relativement fréquent, qui concernerait environ 3 % des couples. Ces douleurs peuvent être très variables en intensité, en localisation et en moment de survenue pendant le rapport.
Les dyspareunies ne doivent pas être banalisées : elles ont des conséquences sur la qualité de vie, la sexualité et parfois l’équilibre du couple, et justifient un avis médical, en particulier gynécologique.
Les trois grands types de dyspareunies
On distingue classiquement trois formes de dyspareunies, en fonction du moment où la douleur apparaît et de sa localisation.
1. Dyspareunie superficielle ou d’intromission
La dyspareunie superficielle correspond à une douleur ressentie au niveau vulvaire ou à l’entrée du vagin, principalement au moment de la pénétration (intromission). Elle est souvent liée à des troubles dits « fonctionnels », c’est‑à‑dire sans lésion organique majeure, mais certaines causes doivent être recherchées.
Lors de l’examen, le gynécologue pourra notamment vérifier l’absence de :
- Cicatrice d’épisiotomie douloureuse ou mal cicatrisée après un accouchement ;
- Atrophie vulvaire post‑ménopausique, liée à la carence hormonale en œstrogènes, entraînant sécheresse, fragilité et brûlures vulvaires ;
- Infection herpétique génitale (herpès), qui peut provoquer des lésions très douloureuses au niveau de la vulve.
D’autres causes fonctionnelles fréquentes sont la sécheresse vaginale, un défaut de lubrification, une contraction réflexe des muscles périnéaux (vaginisme) ou des anxiétés liées à la sexualité.
2. Dyspareunie de présence
La dyspareunie de présence correspond à une douleur persistante pendant le rapport, même en dehors du moment de la pénétration. Elle est le plus souvent en lien avec une pathologie locale affectant le vagin ou la vulve.
Parmi les causes fréquentes, on retrouve notamment :
- Vaginite mycosique (infection à levures type Candida), responsable de démangeaisons, brûlures et pertes blanchâtres ;
- Atrophie vaginale (souvent après la ménopause ou certains traitements hormonaux), entraînant sécheresse, microfissures et sensation de brûlure au moindre contact.
D’autres infections génitales (bactériennes, virales, inflammatoires) peuvent également provoquer ce type de douleurs et doivent être recherchées lors de la consultation.
3. Dyspareunie profonde
La dyspareunie profonde est ressentie plus en profondeur, dans le bas ventre ou le pelvis, en particulier lors des mouvements de va‑et‑vient ou lorsque la pénétration est plus profonde. Elle est parfois décrite comme une « douleur de choc » au fond du vagin.
Les causes les plus fréquentes de dyspareunies profondes sont :
- Endométriose : présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus, responsable de douleurs pelviennes chroniques, de règles très douloureuses (dysménorrhée) et de douleurs pendant les rapports ;
- Séquelles de salpingite ou d’infections génitales hautes (trompes, pelvis), pouvant entraîner des adhérences et des douleurs pelviennes ;
- Syndrome de Masters & Allen : trouble fonctionnel pelvien avec douleurs déclenchées à la mobilisation de certaines structures (ligaments utérins, par exemple) lors du rapport.
Plus largement, toute pathologie pelvienne (fibrome utérin, kyste ovarien, adhérences post‑chirurgicales…) peut s’exprimer par des dyspareunies profondes.
Quand consulter et quel bilan envisager ?
Une douleur répétée ou persistante pendant les rapports sexuels doit amener à consulter un gynécologue. L’interrogatoire et l’examen clinique permettent souvent de préciser le type de dyspareunie, d’orienter vers les causes possibles et de proposer un traitement adapté.
En fonction du contexte, le médecin pourra proposer :
- Un examen gynécologique complet, avec inspection de la vulve, du vagin et du col de l’utérus ;
- Des prélèvements vaginaux en cas de suspicion d’infection (mycose, vaginose, IST) ;
- Une échographie pelvienne pour rechercher une endométriose, un fibrome, des kystes ovariens ou des séquelles de salpingite ;
- Parfois d’autres examens complémentaires selon les signes associés.
Prise en charge et traitement des dyspareunies
Le traitement dépend entièrement de la cause identifiée. Parmi les options possibles :
- Traitement des infections génitales (mycoses, vaginites, salpingites…) par antifongiques ou antibiotiques adaptés ;
- Traitement de l’atrophie vulvo‑vaginale (après la ménopause ou certaines thérapeutiques) par lubrifiants, hydratants locaux, voire œstrogénothérapie locale si elle est indiquée ;
- Prise en charge de l’endométriose et des douleurs pelviennes chroniques (traitement médical hormonal, chirurgie en fonction des cas) ;
- Rééducation périnéale ou prise en charge psychosexologique en cas de vaginisme ou de composante fonctionnelle importante ;
- Adaptation de la sexualité du couple : positions plus confortables, lubrification suffisante, reprise progressive des rapports…
Une approche globale, tenant compte à la fois des aspects physiques, psychologiques et relationnels, est souvent nécessaire pour améliorer durablement les dyspareunies.
À retenir
- Les dyspareunies correspondent à des douleurs pendant les rapports sexuels et concernent un nombre non négligeable de femmes.
- On distingue principalement les dyspareunies superficielles, de présence et profondes, chacune ayant des causes privilégiées.
- Un avis gynécologique est recommandé afin de rechercher une cause organique (infection, endométriose, séquelles de salpingite, atrophie vulvo‑vaginale…) et de proposer un traitement adapté.
- Parler de ces douleurs à son médecin et, si possible, à son partenaire, est une étape essentielle pour retrouver une sexualité plus sereine et moins douloureuse.

